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Les départs contraints ou fracassants de ministres sous Macron

Les départs contraints ou fracassants de ministres sous Macron
François de Rugy le 14 juillet 2019 à ParisLionel BONAVENTURE

Avant François de Rugy, qui a présenté mardi sa démission après des polémiques sur son train de vie, plusieurs ministres du gouvernement d'Edouard Philippe ont été contraints d'abandonner leur portefeuille ou ont choisi avec fracas de partir.

- Richard Ferrand -

A peine nommé ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand est épinglé par le Canard enchaîné qui révèle qu'en 2011 les Mutuelles de Bretagne, qu'il dirigeait alors, avaient décidé de louer des locaux commerciaux appartenant à sa compagne.

Le procureur de Brest ouvre une enquête préliminaire en juin 2017. M. Ferrand dément toute irrégularité mais annonce le 19 juin qu'il quitte le gouvernement pour briguer la présidence du groupe LREM à l'Assemblée nationale.

En octobre, le parquet de Brest classe son enquête sans suite, invoquant la prescription s'agissant d'un éventuel délit de prise illégale d'intérêts et jugeant que les infractions d'abus de confiance et d'escroquerie ne sont "pas constituées".

Richard Ferrand prend la succession de François de Rugy à la présidence de l'Assemblée le 12 septembre 2018.

Le 25 septembre, trois juges d'instruction sont désignés à Lille pour instruire le dossier de l'affaire immobilière, à la suite d'une plainte avec constitution de partie civile déposée par Anticor.

- François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard -

En mars 2017, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour "abus de confiance" dans une affaire d'emplois fictifs présumés au Parlement européen visant 19 eurodéputés, dont deux du MoDem: Robert Rochefort et Marielle de Sarnez.

Radio France affirme qu'entre 2009 et 2014 une dizaine de salariés du parti centriste présidé par François Bayrou étaient parallèlement collaborateurs des députés européens du MoDem, au profit notamment de Mmes de Sarnez, devenue ministre des Affaires européennes, et Sylvie Goulard, désormais ministre des Armées.

Le 9 juin, la justice annonce l'ouverture d'une enquête pour "abus de confiance". Le 21 juin, Mme Goulard quitte le gouvernement, suivie du ministre de la Justice François Bayrou et de Mme de Sarnez.

Une information judiciaire contre X, confiée à des juges d'instruction parisiens, est ouverte en juillet 2017 pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries".

- Nicolas Hulot -

Ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot annonce le 28 août 2018 qu'il quitte le gouvernement, déplorant un isolement sur ses dossiers et une influence excessive des lobbies sur l'Elysée. Il annonce sa décision à la radio, sans avoir prévenu l'exécutif.

François de Rugy le remplace le 4 septembre.

- Laura Flessel -

La ministre des Sports Laura Flessel crée à son tour la surprise en annonçant le 4 septembre 2018 son départ du gouvernement "pour raisons personnelles".

L'ancienne championne olympique d'escrime aurait en fait été contrainte au départ pour des raisons liées à sa situation fiscale, le litige concernant la société qui gère son droit à l'image et dont son mari était gérant.

- Gérard Collomb -

Le ministre de l'Intérieur, qui a maladroitement fait savoir dès le 18 septembre 2018 qu'il quitterait le gouvernement en 2019 pour préparer sa candidature à la mairie de Lyon, présente sa démission le 1er octobre 2018 et se la voit refuser par Emmanuel Macron.

M. Collomb indique à la presse qu'il maintient sa démission, contraignant le président à l'accepter le 3 octobre.

Parallèlement à ces départs fracassants, l'Elysée a procédé en octobre 2018 à un premier remaniement marqué par le départ de quatre ministres ou secrétaires d'Etat (Françoise Nyssen, Delphine Gény-Stephann, Stéphane Travert et Jacques Mézard) portant à cette date à 11 départs le nombre total de départs depuis le début de l'ère Macron.

En mars 2019, ce chiffre a grimpé à 14 quand l'Elysée a annoncé les départs des ministres Nathalie Loiseau, Benjamin Griveaux et Mounir Mahjoubi, la première étant candidate aux élections européennes et les deux autres envisageant une candidature aux municipales à Paris en 2020.

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