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La France veut bannir le colorant E171 de l'alimentation

La France veut bannir le colorant E171 de l'alimentation
La secrétaire d'Etat à la Transition écologique Brune Poirson, en visite en Mayenne (ouest), le 23 avril 2018CHARLY TRIBALLEAU
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La France veut suspendre "d'ici la fin de l'année" l'utilisation dans tous les produits alimentaires de nanoparticules de dioxyde de titane, dont les effets sur la santé sont méconnus, et réclame des mesures de l'UE.

Cet additif alimentaire, dont la présence est indiquée sur les étiquettes par TiO2 ou E171, est utilisé principalement comme colorant dans la production de confiseries, de desserts et crèmes glacées, mais aussi dans certains cosmétiques ou médicaments.

"Nous souhaitons suspendre avant la fin de l’année l’utilisation de cette substance comme additif alimentaire en France", a déclaré au journal Le Parisien la secrétaire d'Etat française à la Transition écologique, Brune Poirson.

La France a d'autre part "saisi la Commission européenne afin de demander aussi des mesures à ce niveau, dès lors que le dioxyde de titane est susceptible de constituer un risque sérieux pour la santé humaine", a ajouté la ministre.

Selon une porte-parole de la Commission européenne, Paris a demandé en février une suspension des autorisations de mise sur le marché européen des produits alimentaires contenant du E171.

En réponse, la Commission a demandé à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) d'examiner si quatre nouvelles études présentées par la France justifieraient une nouvelle évaluation de cet additif, que l'agence avait jugé en 2016 "pas de nature à entraîner un risque sanitaire". L'EFSA doit rendre un avis d'ici l'été.

C'est le fait que cette substance contienne des nanoparticules - d'une taille inférieure à 100 nanomètres qui facilite leur pénétration dans l'organisme - qui soulève l'inquiétude récurrente des associations de défense des consommateurs et de l'environnement.

Face aux inquiétudes liées aux effets sanitaires des nanomatériaux, en particulier le dioxyde de titane, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) doit conduire de nouvelles recherches en 2018 à la demande du gouvernement.

L'an dernier, une étude de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique) avait conclu que l'exposition chronique au E171 favorisait la croissance de lésions pré-cancéreuses chez le rat. Sans que ces résultats ne permettent de conclure sur ses effets sur l’homme, selon l'Anses.

L'ONG Agir pour l'Environnement, qui a salué l'annonce du gouvernement, a d'ores et déjà réclamé que cette mesure soit étendue aux cosmétiques et aux médicaments.

Le dioxyde de titane utilisé dans les médicaments a "pour seule utilité de colorer ou d’opacifier le pelliculage des comprimés et gélules", souligne-t-elle, assurant que 4.000 médicaments en contiendraient (Doliprane, Dafalgan, Spasfon...).

Face à ces critiques, de plus en plus d'entreprises ont décidé de supprimer le dioxyde de titane de leurs recettes, telle la confiserie française Verquin à Tourcoing (nord), qui produit les bonbons "Têtes brûlées".

En février, Carambar and Co a également annoncé avoir retiré le TiO2 de ses chewing-gums Malabar.

Mars Chocolat France (qui commercialise en France notamment les confiseries M&M's, Twix, Bounty, Balisto) a de son côté indiqué vendredi qu'il prévoyait la "suppression complète du dioxyde de titane" de ses confiseries en Europe "d’ici juin 2020", soulignant que tous les ingrédients utilisés étaient approuvés par les autorités compétentes.

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