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Paris inaugure ses premières "voies antibruit et antichaleur"

(Belga) Lutter contre la pollution sonore et diminuer la température du bitume: la mairie de Paris a inauguré lundi les premières voies antibruit et antichaleur de la capitale pour s'adapter au "défi climatique" et "améliorer le cadre de vie" des Parisiens.

Trois axes pilotes de la capitale - choisies pour leur niveau d'exposition au bruit et au soleil, le manque d'espaces verts et l'impact du bruit sur les riverains - sont actuellement en phase finale d'aménagement. Un nouveau revêtement antibruit et antichaleur couvre déjà quelque 200 mètres de deux rues et sera posé le semaine prochaine sur une même surface dans une troisième. L'expérimentation doit déterminer laquelle des trois formules de revêtement routier bitumeux remplit au mieux le "double objectif thermique et phonique" de réduction de la pollution sonore et de lutte contre les "îlots de chaleur" en milieu urbain. L'originalité des revêtements repose sur l'utilisation de matériaux plus clairs absorbant moins la chaleur, mais aussi plus poreux afin de retenir plus d'eau et de faire baisser la température de l'asphalte sans perdre en durabilité. Objectifs d'ici à 2021: une baisse de deux degrés de la température (-3°C en ressenti pour les piétons) ainsi qu'une diminution du bruit de roulement d'au moins 3 décibels, soit une division de la pollution sonore par deux. Six "stations météo" ont été installées près des voies par l'observatoire du bruit en région Île-de-France (Bruitparif), pour enregistrer les changements sonores et de température. Si les résultats sont concluants, le dispositif pourrait être étendu à l'ensemble de la ville. "On est en train de faire à Paris une petite révolution urbaine", s'est félicitée Célia Blauel, adjointe du parti écologiste EELV à la maire de Paris chargée de l'Environnement. "Ce qu'on fait avec ce bitume innovant, c'est pour dire que l'ère du tout béton c'est fini pour les villes qui veulent devenir durables", a-t-elle ajouté, soulignant l'impact sanitaire pour les riverains. 11% des Parisiens sont exposés à des niveaux sonores supérieurs à la limite réglementaire de 68 dB, d'après les services de la Ville, avec des conséquences directes notamment sur la qualité du sommeil et la santé. Le projet est cofinancé par l'Union européenne à hauteur de 1,3 million d'euros pour un coût total de 2,3 millions d'euros. (Belga)

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