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Pass vaccinal: l'avenir des sportifs non-vaccinés en pointillé

 
 

Si leur nombre est marginal, l'avenir des sportifs professionnels non vaccinés risque de s'assombrir en France à partir du 15 janvier, date où la loi sur le pass vaccinal doit commencer à s'appliquer, leur rendant impossible la pratique en compétition.

La mésaventure du N.1 mondial du tennis Novak Djokovic, retenu en Australie et menacé d'expulsion après l'annulation de son visa alors qu'il disposait d'une dérogation médicale l'exonérant de l'obligation vaccinale, a peut-être quelque chose de prémonitoire pour les sportifs pros en France ayant fait le choix de refuser de se faire vacciner.

Les choses devraient inévitablement se compliquer pour eux.

"Les sportifs devront avoir le pass vaccinal comme tout le monde", a rappelé à l'AFP la ministre chargée des Sports Roxana Maracineanu jeudi. Un message clair et sans ambiguïté sur ce que le gouvernement attend des sportifs pros.

Si jamais la question d’un délai se posait pour certains joueurs ayant commencé à se faire vacciner mais n’ayant pas achevé leur schéma vaccinal, elle serait "examinée", a ensuite toutefois précisé le ministère.

- "Casse-tête" -

Bref, celles et ceux n'ayant pas entamé récemment une démarche d'une vaccination ne pourront pas échapper à la règle.

Les sportifs de haut-niveau ayant publiquement reconnu ne pas s'être fait vacciner sont assez rares (le joueur de tennis Pierre-Hugues Herbert, le joueur de rugby du Stade Français Waisea Nayacalevu notamment...). Et s'il est difficile de savoir combien de sportives et de sportifs professionnels sont concernés, le ministère des Sports estime que cette population oscille entre entre 2% et 5% dans les ligues pros (football, rugby, basket, handball, volley-ball...). Une population certes marginale mais qu'il va bien falloir gérer.

Que vont-ils donc faire à partir du 15 janvier?

La réponse n'est pas simple. La loi, si elle était votée telle qu'adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale, ne prévoit pas la possibilité pour les entreprises de licencier des salariés non vaccinés.

Les clubs ne pourraient donc pas se séparer de ces salariés.

Mais de facto, ces sportifs pros ne pourraient plus accéder à leurs enceintes sportives, pour les matches, et même pour les entraînements pour certains.

"C'est un vrai casse-tête. Mais en même temps, tout peut être réglé avec une piqure, ce sont eux qui ont la réponse à cette problématique", tranche une source proche des instances sportives.

Preuve de l'embarras que cette situation risque d'engendrer, le syndicat des joueurs de football pros (UNFP) doit se réunir vendredi pour évoquer cette épineuse question.

"Clairement, certains clubs vont vouloir se séparer de ces salariés qui ne pourront plus travailler", assure cette même source.

A Bordeaux, le médecin du club Thierry Delmeule a assuré que deux joueurs de l'effectif des Girondins n'étaient pas vaccinés.

- La justice pourrait trancher -

"Cela fait longtemps qu'on discute, qu'on essaye de les convaincre. Il y en a qui ont été petit à petit convaincus et qui sont passés au vaccin", a-t-il raconté. "S'ils veulent jouer au football en compétition, ils n'auront pas le choix", a-t-il ajouté.

Légalement, la marge de manœuvre des clubs pros apparaît assez limitée.

Si certains dirigeants ont évoqué la possibilité de suspendre les contrats de ces salariés récalcitrants, et par là même leur salaire, il semble que ce ne soit pas si simple.

"Pour pouvoir suspendre les contrats il va falloir prouver que le sportif donc le salarié ne remplit pas sa mission. Or est-ce que sa mission en tant que salarié ne se résume qu'à jouer des matches?", s'interroge un avocat spécialisé en droit du travail.

Les sportifs qui verraient leurs contrats suspendus auraient également la possibilité de se retourner contre leurs clubs. "Il se peut que la justice soit amenée à trancher cette question", anticipe cet avocat.


 

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