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Peste, blattes et Ebola: un important centre de recherche inauguré à Marseille

"Nous sommes les meilleurs cultivateurs de microbes au monde": Marseille a inauguré un centre de recherche sur les maladies infectieuses présenté comme unique en Europe, avec élevage d'insectes, banque de bactéries et chambres d'hôpital pour patients hautement contagieux.

Mêlant recherche, diagnostic, hospitalisation et applications industrielles, l'institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection "ressemble à l'Institut Pasteur d'avant-guerre", a expliqué jeudi à l'AFP son dirigeant, le professeur Didier Raoult. Ce projet, lancé en 2011, a nécessité 100 millions d'euros d'investissement et a abouti à l'inauguration cette semaine de son bâtiment neuf.

L'IHU veut "condenser les moyens de lutte contre les maladies infectieuses, première cause de mortalité dans le monde", avec 17 millions de morts par an, pour devenir une référence mondiale, selon le Pr Raoult.

Il dispose de laboratoires de haute sécurité ("P3"), où les scientifiques en combinaison étanche sont habilités à manipuler les bacilles de la tuberculose les plus résistants, les virus d'Ebola ou de la peste. Des lits et instruments en isolement total peuvent être mobilisés en cas d'épidémie foudroyante et meurtrière en France.

Un important travail est également consacré aux bactéries, l'IHU se targuant d'avoir découvert "30% des microbes retrouvés, au moins une fois chez l'homme" dans le monde. Moustique-tigre vecteur de la dengue et du chikungunya, tiques qui transmettent la maladie de Lyme mais aussi blattes géantes et punaises de lit, des milliers d'insectes y sont élevés, scrutés et disséqués.

Fleuron d'une institution en grande difficulté financière, l'Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM), l'IHU a connu une gestation mouvementée, notamment en raison de frictions avec le CNRS et de l'Inserm, et d'une affaire de harcèlement et d'agression sexuelle, qui a éclaté fin 2017.

Le Pr Raoult met de son côté en avant ses près de 5.000 publications académiques depuis 2011, des découvertes liant par exemple traitement du cancer et microbiote, et le "bénéfice annuel de 11 millions d'euros" de l'IHU.

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