En ce moment
 
 

Pollution à l'arsenic dans l'Aude: Macron évoque une situation "préoccupante"

Pollution à l'arsenic dans l'Aude: Macron évoque une situation
Le site de l'ancienne mine d'or et d'arsenic de Salsigne, le 4 mars 2019 dans l'AudeERIC CABANIS
Enfants

Saisi du problème de la pollution à l'arsenic dans l'Aude résultant d'activités minières, le président Emmanuel Macron a évoqué une situation "préoccupante", en réponse aux deux sénateurs du département, a-t-on appris lundi auprès de ces derniers.

"La situation que vous évoquez est préoccupante", a écrit M. Macron dans deux courriers adressés aux sénateurs socialistes, Roland Courteau et Gisèle Jourda, dont l'AFP s'est procuré une copie.

Il y assure ses correspondants "que tout sera fait pour protéger les populations".

Ces courriers sont datés du 16 août, après l'annonce par l'Agence régionale de Santé Occitanie que 38 enfants vivant dans la vallée de l'Orbiel près de l'ancienne mine d'or et d'arsenic de Salsigne présentaient des taux d'arsenic supérieurs à la moyenne.

Cette annonce, dans le cadre d'une surveillance sanitaire mise en place après la découverte de premiers cas fin juin, avait confirmé les craintes des habitants sur le risque d'écoulements des déchets toxiques de la mine après les meurtrières inondations dans le département en octobre 2018.

"S'agissant de la préparation de la rentrée scolaire et de la dépollution des sites", le chef de l'Etat précise avoir "demandé aux services de la préfecture de l'Aude d'assurer un suivi rapproché et d'en rendre compte régulièrement aux ministres concernés et élus du territoire".

- "Risque sanitaire" évident -

Il assure toutefois que la situation "est bien suivie localement" par la préfecture et l'ARS, et que face "au risque environnemental identifié depuis la fermeture en 2004" de la mine, "aggravé par les inondations" , un "suivi et des mesures de gestion appropriées ont été mis en place".

M. Macron précise également qu'"à ce jour, aucune pathologie aigüe n'a été signalée".

Les deux sénateurs avaient chacun de leur côté saisi le chef de l'Etat après s'être dans un premier temps adressé, sans suite, à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

"Dès les inondations, le risque sanitaire était perceptible", a souligné Mme Jourda à l'AFP, jugeant indispensable qu'une "cartographie réelle des produits toxiques et de leur évolution" soit effectuée, et qu'une "enquête sanitaire sur l'ensemble de la population soit menée".

D'autant, a-t-elle souligné que le legs toxique de la mine ne se limite pas à l'arsenic, incluant aussi notamment plomb et cyanure. Elle a indiqué qu'elle devait être reçue mardi par Mme Buzyn.

La demande de M. Courteau portait également sur le lancement d'une enquête de santé publique, a-t-on indiqué dans son entourage. "Il y a les enfants mais il y a aussi les habitants et tous ceux, bénévoles, sapeurs-pompiers... qui ont aidé à nettoyer la zone après les inondations", a-t-on relevé de même source.

Selon l'ARS, "l'arsenic est un toxique cancérigène" en cas d'exposition chronique, avec aussi de possibles effets notamment dermatologiques, cardiovasculaires et respiratoires.

Vos commentaires