Quand un chagrin d'amour brise littéralement le coeur

Quand un chagrin d'amour brise littéralement le coeur
Des cadenas d'amour attachés à un escalier à l'extérieur d'un centre commercial à Pékin, le 14 février 2018.NICOLAS ASFOURI

Un chagrin d'amour ou la perte d'un proche peut littéralement briser le coeur: la cardiomyopathie de Tako-Tsubo, pathologie méconnue, provoque chez sa victime les symptômes d'un infarctus mais reste bénin pour une grande majorité des cas.

"C'est une paralysie brutale d'une grande partie du coeur en rapport avec un stress, qui est le plus souvent émotionnel mais aussi physique", a expliqué mercredi lors d'une conférence de presse Eric Bonnefoy-Cudraz, chef du service d'urgences cardiaques de l'hôpital Louis Pradel à Bron (banlieue de Lyon).

"Ce stress peut être causé par la perte d'un être cher, d'un emploi, par une agression mais aussi par une grande joie", a ajouté le médecin précisant qu'il se traduisait par "une douleur thoracique immédiate" dont les symptômes étaient proches de ceux d'un infarctus.

"A la différence d'un infarctus, le coeur, dont la capacité d'éjection est alors ralenti de 30%, ne subit aucune lésion et se rétablit dès le troisième jour. La convalescence est complète au bout d'un mois", a-t-il poursuivi sans écarter que des complications pouvaient survenir.

Provoqué par la libération massive dans le sang d'hormones (dont l'adrénaline), ce syndrome est décrit pour la première fois dans les années 1990 au Japon, où les cardiologues ont tiré son nom "Tako-Tsubo" d'un pot de pêcheur pour piéger les poulpes. Le coeur prend en effet la forme de cet objet lorsqu'il est affecté par la pathologie.

Selon une étude réalisée entre 1998 et 2014 par les Hospices civils de Lyon (HCL) sur 1.750 patients, cette pathologie touche neuf femmes pour un homme. Les patientes étaient d'un âge moyen de 66 ans. 30% des cas avaient une origine émotionnelle et 1% des victimes en sont décédées.

"Au Japon, à l'inverse, la pathologie touche principalement les hommes. On ne l'explique pas encore", a poursuivi le Dr Bonnefoy-Cudraz.

Si le repos total est évidemment prescrit pour les malades du Tako-Tsubo, dont le "pic est observé généralement l'été", des bêta-bloquants (médicaments contre l'hypertension) et des anticoagulants leur sont distribués.

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