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Macron présentera mercredi un nouveau tour de vis face à la flambée de Covid-19

Emmanuel Macron s'adressera mercredi à 20H00 aux Français pour leur présenter un nouveau tour de vis dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19, qui pourrait aller jusqu'à un reconfinement national mais moins strict que celui du printemps.

Ces nouvelles restrictions, qui s'annoncent "impopulaires", seront décidées mercredi matin au cours d'un Conseil de défense précédant le Conseil des ministres. "Tout peut bouger jusqu'au dernier moment", a prévenu un conseiller ministériel.

En attendant, l'exécutif prépare les esprits: "Il va falloir prendre des mesures" face à une "hausse exponentielle de l'épidémie", a confirmé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à la sortie d'une réunion de Jean Castex avec les responsables politiques et des associations d'élus.

Soulignant que la situation s'aggravait rapidement aussi dans les pays voisins, il a énuméré des mesures "possible de prendre", "à savoir un élargissement du couvre-feu (ou) un confinement qui peut être (soit) territorialisé, (soit) national".

Le scénario du reconfinement national envisagé serait toutefois plus souple que celui de mars puisque les écoles et les commerces resteraient ouverts, à l'image de celui imposé en Irlande.

L'exécutif a également examiné l'hypothèse d'un renforcement du couvre-feu, qui touche actuellement quelque 46 millions d'habitants entre 21H00 et 06H00 du matin.

"Le sentiment qu'on a, c'est plutôt qu'on va vers un confinement, que ça va durer quelques semaines et que le gouvernement essaie de trouver les moyens de préserver les écoles, les services publics" et "de maintenir un semblant de vie économique pour éviter une catastrophe", a estimé François Baroin, président de l'Association des maires de France, à l'issue de la réunion.

"On a compris que la gravité était à un niveau important et que les décisions que le gouvernement s'apprête à prendre vont répondre à cette responsabilité", a déclaré Yves Veyrier, secrétaire général de FO après plus de deux heures de rencontre avec le Premier ministre.

Evoquant également une "situation grave", le leader de la CFDT, Laurent Berger a de son côté encore une fois demandé qu'"on bataille sur d'autres sujets" parmi lesquels la très sensible réforme de l'assurance-chômage qui durcit les conditions d'indemnisation.

- "Gestion erratique" -

Jean Castex a annoncé aux responsables politiques que des débats suivis de votes sur la lutte contre le Covid-19 auraient lieu à l'Assemblée nationale jeudi matin et au Sénat l'après-midi, ajoutant que de "nouvelles mesures" étaient "indispensables".

Mais, à la sortie, les forces politiques n'ont pas caché leur déception, voire leur colère. "Rien n'a été mis sur la table" par le Premier ministre, a regretté Christian Jacob, le patron des Républicains, en déplorant "le sentiment d'improvisation, de panique, de manque d'anticipation" du pouvoir.

Marine Le Pen a fustigé "la gestion complètement erratique de la crise sanitaire" tandis que le communiste Fabien Roussel a réclamé des "mesures cohérentes qui soient comprises par nos concitoyens".

La crainte est avant tout la saturation des services de réanimation: le nombre de patients en réanimation s'élevait mardi à 2.900, pour un total de 5.800 lits de réa dans toute la France, où l'épidémie a déjà fait plus de 35.000 morts. Le gouvernement a fait état mardi de 288 morts à l'hôpital pour les dernières 24h00 et 235 en Ehpad sur les quatre derniers jours.

Plus de 33.000 nouveaux cas positifs confirmés ont été enregistrés, en deçà du cap des 50.000 par jours atteint dimanche.

Mardi, huit patients d'Auvergne-Rhône-Alpes ont été transférés en avion sanitaire vers les Pays de la Loire pour soulager les services de réanimation de la région. Au total, ce sont 25 malades qui devraient avoir été transférés d'ici à mercredi vers d'autres régions depuis la reprise de ces vols en fin de semaine dernière.

Le professeur Delfraissy, président du Conseil scientifique, a estimé que le nombre réel de contaminations tournerait "autour de 100.000 cas par jour", qualifiant la situation de "critique", avec la crainte d'une deuxième vague "plus forte que la première".

- "Drastique" -

Pour l'infectiologue Gilles Pialoux, il faut imposer un nouveau confinement, une "mesure drastique" indispensable car la circulation du virus "est hors de contrôle". "La difficulté" réside dans le fait que l'épidémie est "nationale" et non "concentrée" sur quelques régions comme c'était le cas durant la première vague au printemps, a-t-il ajouté.

Au vu de la situation sanitaire, la ministre du Travail Élisabeth Borne a annoncé aux partenaires sociaux mardi soir la prolongation au delà du 1er novembre du reste à charge de 15% lorsqu'une entreprise n'a d'autre choix que de mettre tout ou partie de ses salariés en chômage partiel.

Mais le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, avait alerté lundi sur le fait que "si on reconfine totalement comme on l'a fait en mars, ce n'est pas moins 10% de récession qu'on risque, c'est un écroulement de l'économie".

Les supermarchés ont par ailleurs tenu à rassurer les consommateurs que, même en cas de reconfinement, on y "trouvera tout ce qu'il faut sans difficulté dans les semaines qui viennent" si "tout le monde reste raisonnable" dans ses achats. "Il n'y pas besoin de faire du stock" de certains produits, selon le patron de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) Jacques Creyssel.

L'Alliance du commerce, qui représente 27.000 magasins, a demandé au gouvernement de maintenir les magasins ouverts "en journée et le week-end" car "un durcissement des mesures aurait des conséquences dramatiques à l'approche de la période des fêtes de fin d'année".

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