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Rassemblements à Paris et en régions pour la journée pour le droit à l'avortement

Rassemblements à Paris et en régions pour la journée pour le droit à l'avortement
Rassemblement de défenseurs du droit à l'avortement, le 20 janvier 2019 à ParisGeoffroy VAN DER HASSELT

Des rassemblements ont marqué samedi à Paris et dans plusieurs villes la journée internationale pour le droit à l'avortement, alors qu'en "2018, 47.000 femmes sont mortes dans le monde des suites d'un avortement clandestin", selon le Planning familial.

Une petite centaine de manifestants, surtout des femmes, réunis devant l'hôpital Tenon à Paris ont pris la direction de la Gare du Nord en début d'après-midi en fanfare, avec les musiciennes des "muses tanguent", a constaté une journaliste de l'AFP.

A Bordeaux, quelque 300 défenseurs de l'avortement, emmenés par une "batucada (ensemble de percussions, ndlr) féministe", ont défilé en tête d'un cortège qui comprenaient également environ 300 "gilets jaunes".

Des rassemblements devaient aussi se tenir à Lille, Marseille, Nantes, Toulouse et Tours.

Le collectif du centre IVG Tenon, seul situé dans un hôpital dans le 20e arrondissement, a demandé lors du rassemblement parisien "la création d'un poste de médecin praticien hospitalier dédié", pour mettre fin au "turn-over des médecins vacataires qui nuit au bon fonctionnement du centre et remet en cause le droit des femmes à avorter".

La gynécologue Danièle Gaudry, une des organisatrices de la manifestation parisienne et militante du Planning familial, a rappelé la fermeture depuis 2012 de 60 centres pratiquant des IVG. "Nous demandons que l'IVG soit considérée comme un acte médical fait obligatoirement, et non laissé au choix de l'hôpital", a-t-elle expliqué à l'AFP.

"Les hôpitaux publics sont censés tous pratiquer les IVG selon la loi, mais certains préfèrent pratiquer une science plus noble ou qui rapporte plus, d'autres estiment qu'un établissement qui pratique l'IVG pour une région donnée, cela suffit ... tout cela au détriment des femmes", souligne-t-elle.

"Il y a des disparités territoriales flagrantes, et sur Paris, qui réalise un quart des IVG en France, les centres sont débordés", témoigne-t-elle.

Selon une enquête des agences régionales de santé (ARS) le délai moyen en France entre la demande de la femme et l'IVG est de 7,4 jours au niveau national mais varie de 3 à 11 jours selon les régions, toujours en moyenne.

L'étude souligne que s'il n'y a pas de "zones blanches", il y a des territoires "en tension" dans la majorité des régions.

Au lendemain de l'annonce par la ministre de la Santé Agnès Buzyn de mesures pour conforter le "droit fondamental" à l'avortement, les manifestants bordelais, principalement des femmes, ont défilé au rythme des percussions avec pancartes ("l'IVG c'est sacré", "la loi Veil, on y veille" etc) et slogans ("Avorter c'est un droit, intégristes hors la loi").

Pour Catherine et Florence, de La Maison des femmes, le droit à l'IVG est "un droit fragile, qui subi des petits grignotages à cause de pressions politiques ou religieuses et du manque de moyens".

"Nous demandons notamment que soit retirée de la loi la possibilité pour un médecin de refuser un avortement par clause de conscience", a expliqué à l'AFP Rosa Ould Ameziane, de la Ligue des droits de l'Homme.

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