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Remous à la tête d'Act up après "120 battements par minute"

Remous à la tête d'Act up après
"120 battements par minute" couronné aux Césars le 2 mars 2018. Sur la scène, le réalisateur Robin Campillo (à droite), les producteurs Marie-Ange Luciani et Hugues Charbonneau (à gauche) et le présiPhilippe LOPEZ
sida

L'ancienne équipe dirigeante d'Act-Up Paris a quitté ses fonctions samedi, déplorant la "transition brutale" liée au succès du film "120 battements par minute", qui a amené vers l'association de lutte contre le sida une nouvelle génération de "militants politisés".

Depuis le succès du film couronné aux Césars, l'association, en perte de vitesse et même un temps placée en redressement judiciaire en 2014, a vu "une vague de nouvelles arrivées" avec notamment "de jeunes militants déjà politisés et expérimentés dans d'autres luttes, notamment antiracistes", écrit l'équipe démissionnaire dans un communiqué.

Ceux-ci "détournent et exploitent l'outil d'Act-Up, en se servant de son historique, pour mettre en avant d'autres luttes", affirment les deux anciens coprésidents, Rémy Hamai et Mikaël Zenouda, et l'ancien vice-président Xavier Coeur-Jolly, en déplorant que le travail d'expertise soit "relégué au dernier plan" au profit "du commentaire permanent de la critique spectacle".

"Ecoeurés au point de démissionner" par les "insultes" et les "dépréciations gratuites", les anciens responsables ont été remplacés lors d'une assemblée générale extraordinaire samedi par une nouvelle équipe élue, "dont deux personnes arrivées depuis trois semaines", ajoute leur communiqué, qui dénonce "toute forme d'entrisme politique" et de "violence revendiquée". Les deux nouveaux vice-présidents sont Fabrice Clouzeau et Marc-Antoine Bartoli.

La décision provoquait des réactions contrastées sur les réseaux sociaux, où certains rappelaient le mode d'action spectaculaire qui était la signature d'Act-up dans les années 1990 (préservatif géant sur l'obélisque de la Concorde à Paris, jets de faux sang ou de vraies cendres de militants...)

"La lutte contre le sida a toujours été profondément politique. C'est aberrant, surtout venant d'Act up", estimait un internaute sur twitter, tandis qu'un autre affirmait: "Act-Up Paris est une association de gauche", ce que le conseil d'administration sortant, "dépolitisé", ne "comprend pas".

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