Sommet UE: Macron déplore "l'insuffisance" de la discussion sur le climat

Sommet UE: Macron déplore
Le président français Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse le 22 mars 2019 à BruxellesLUDOVIC MARIN

Le président français Emmanuel Macron a déploré vendredi des conclusions "éminemment insuffisantes" sur le climat à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles.

"Nous ne répondons pas aujourd'hui avec clarté ni aux engagements pris à Paris en 2015, ni aux défis constatés sur le plan scientifique par les meilleurs experts, ni à la légitime impatience de notre jeunesse qui manifeste chaque semaine dans nos capitales et ailleurs", a lancé M. Macron lors d'une conférence de presse.

La lutte contre le changement climatique était vendredi matin à l'agenda des dirigeants européens réunis en sommet à Bruxelles, mais la discussion n'a pas été très longue, après trois heures de débat sur les relations UE-Chine et après une première journée consacrée au Brexit.

"L'amendement que nous avons glorieusement obtenu sur ce sujet, c'est d'avoir avant la fin du semestre un nouveau sommet européen sur le sujet", a ironisé le président français, annonçant ainsi que la thématique serait au menu des dirigeants de l'UE au sommet de juin.

Dans ses conclusions adoptées vendredi, le Conseil européen adopte un ton assez neutre: il "réitère son engagement à l'accord de Paris et reconnait la nécessité d'accélérer les efforts globaux pour s'attaquer au changement climatique" et "souligne l'importance pour l'UE de soumettre une stratégie de long terme ambitieuse d'ici 2020 visant à la neutralité climatique, conformément à l'accord de Paris".

Le Premier ministre belge Charles Michel a rapporté avoir plaidé pour l'inscription d'un objectif plus clair visant à atteindre cette neutralité d'ici 2050, "mais malheureusement sans succès", selon l'agence de presse Belga.

Selon M. Michel, plusieurs pays ont oeuvré en ce sens -- la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, avec le soutien de l'Espagne, du Portugal, du Danemark ou la Finlande -- mais se sont heurtés à l'opposition de la Pologne et la République tchèque.

Quant à l'Allemagne, elle a jugé qu'il n'était "pas possible aujourd'hui d'accepter la date de 2050", mais "a montré son ouverture pour approfondir le débat", a-t-il indiqué.

"Un compromis a été trouvé, mais il appartient à ces compromis européens qui sont la moins mauvaise solution possible", a déploré Emmanuel Macron.

Ces conclusions des 28 ont également suscité l'agacement des ONG.

"Recycler sans cesse les engagements existants n'est tout simplement pas acceptable", a réagi Wendel Trio, de Climate Action Network. De son côté, le WWF a qualifié ces conclusions d'"inutiles".

Les Européens doivent présenter en 2020 leur stratégie de long terme pour le milieu du siècle, afin de respecter les engagements pris dans le cadre de l'accord de Paris, ce qui selon une source européenne laisse encore du temps aux Etats membres pour se mettre d'accord.

Fin novembre, la Commission européenne avait présenté sa stratégie pour atteindre la "neutralité climatique" d'ici 2050, c'est-à-dire zéro émission nette de CO2.

Des discussions sont également en train d'être menées au niveau des ministres de l'UE dans différents domaines: Environnement, Energie, Transport, Agriculture, Economie et Finances.

La discussion prend son temps "afin d'éviter une situation où les Etats membres se sentent poussés sans avoir toutes les informations", a avancé cette même source européenne.

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