SPA de Gennevilliers: les adoptions reprennent après de nombreux abandons

Suzanne a adopté un chaton gris, le jeune Gabriel a craqué lui pour Punky, un petit félin de deux mois: au refuge de la SPA de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), les adoptions, surtout des chats, reprennent après une forte vague d'abandons cet été.

"Depuis la semaine dernière, les adoptions, surtout des chats, repartent" se réjouit Carole Retrou, responsable du refuge de Gennevilliers qui a accueilli 309 chats entre le 1er juillet et le 21 août, contre 249 l'an dernier à la même période, et 123 chiens (comme l'an passé).

"Les gens ne stérilisent pas assez les chats et en période de vacances les abandons augmentent toujours", constate-t-elle, déplorant qu'aujourd'hui encore "l'animal (soit) considéré comme un produit de consommation que l'on peut obtenir par n'importe quel biais" .

Le refuge récupère aussi des animaux à la suite des expulsions et des décès ainsi que des animaux maltraités, laissés sur la voie publique et amenés par la fourrière animale.

Parmi les pensionnaires, figurent aussi dix chiens retirés à leur maitre par le service enquête de la SPA.

"Ils ont été victimes de maltraitance, souvent par négligence et n'ont eu aucun contact avec l'homme. C'est difficile de gagner leur confiance, il faut du temps", commente Carole Retrou.

Dans une pièce exiguë, des chatons dorment dans leur cage. "Maman, maman, je veux le petit chat gris", crie Gabriel. "Je vais l'appeler Punky!".

Sa mère, Julie Bricou, venue en famille, acquiesce. Pour partir avec la minette, elle devra revenir avec une boite de transport, une pièce d'identité et un justificatif de domicile et justifier de revenus récents. Comme c'est un chaton, elle devra aussi apporter un chèque de caution, une garantie pour le refuge que l'adoptant revienne faire stériliser l'animal. "La stérilisation, c'est notre religion !", répète une employée.

Suzanne a trouvé son bonheur auprès d'un chaton de trois mois qui miaule dans sa cage. Dès qu'il sera stérilisé, elle viendra le chercher. Ce soir, elle lui choisira un nom avec ses petits-enfants.

- 150 euros, un chat et 250 euros, un chien -

Des chiens aboient, d'autres hurlent à la mort quand on passe près de leurs enclos.

Morgane "n'a pas les moyens d'acheter un chien à 1.000 euros"; le beau Flamenco, un braque, retient son attention. "Je vais certainement le prendre, je réfléchis!", dit-elle.

L'adoption d'un chat coûte 150 euros, celle d'un chien 250 euros. "C'est une participation pour les vaccins, les vermifuges, la stérilisation et la castration", explique Carole Retrou. Le refuge ne pratique pas l'euthanasie, "sauf pour raison médicale".

Chaque jour, dans l'attente de trouver un nouveau maître à ces laissés pour compte, une vingtaine de salariés, dont trois vétérinaires et des agents animaliers mais aussi des bénévoles, veillent à leurs bons soins.

Si les chiens sont en cage une grande partie de la journée, des bénévoles les sortent régulièrement, comme Christiane qui rentre de promenade avec Soleil. Ce petit chien beige au poil dur n'est "pas très sociable avec ses congénères mais gentil avec l'homme". "Ça m'apporte beaucoup de bonheur de passer du temps avec ces chiens. Je leur fais du bien tout en me faisant du bien", dit cette retraitée.

Le refuge est souvent complet et grâce aux réseaux sociaux, des "familles relais" viennent en aide aux animaux qui ont besoin de soins et de beaucoup d'attention, comme les chatons et les chiots. "Nous avons 80 chatons en familles relais", dit Mme Retrou.

A la mi-journée, trois chiens et trois chats ont déjà été adoptés. Mais cinq chats et cinq chiens amenés par la fourrière les ont déjà remplacés.

"Adoptez, n'achetez pas, allez dans les refuges, revendique Carole Retrou, il y a tout type d'animaux, des grands, des petits, des beaux, des moches... Vous sauvez deux vies: le chien que vous libérez et celui qui prendra sa place".

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