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Températures glaciales: 3/4 du pays en plan Grand froid, les autorités en alerte

Les trois-quarts du pays en plan Grand froid: autorités et associations sont en alerte en France mardi, jour qui s'annonce comme le plus glacial de cet hiver, avec une priorité, héberger les sans-abri.

"Si je peux demander un service aux Français, c'est d'appeler le 115 (le numéro du Samu social, NDLR) quand ils voient une personne à la rue car elle-même n'a pas forcément (ce) réflexe", a lancé la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

"Aujourd'hui c'est intolérable de voir dormir des gens dans la rue. Beaucoup de réquisitions (de sites pour servir d'hébergement d'urgence) supplémentaires ont été faites pour cette semaine, et il faut impérativement orienter ces personnes via le 115", a-t-elle souligné.

Lundi soir, le ministère de la Cohésion sociale avait décidé de porter de 37 à 68 le nombre de départements concernés par le Plan Grand froid avec, à la clef, la création de quelque 5.300 places supplémentaires pour les sans-abri dont 1.750 à Paris.

Les gelées devaient rester quasi généralisées mardi sur une large part du territoire avec des températures n'excédant pas -4 à zéro degré en plaine.

Cette vague de froid a provoqué en France la mort d'au moins trois personnes depuis dimanche. Un sans-abri de 53 ans est encore décédé lundi après-midi dans un champ à Grésy-sur-Aix (Savoie), alors que le thermomètre affichait -3 à -4 degrés.

Une bise glacée venue de Sibérie s'est abattue sur une grande partie de l'Europe depuis dimanche après-midi, avec des températures chutant à -10°C et -18°C en "ressenti" sous le vent.

Comme de nombreuses autres villes de France, à Strasbourg, où le mercure affichait -7 degrés dans la nuit de lundi à mardi avec jusqu'à -12 degrés ressentis, les associations caritatives, Croix-Rouge et Restos du Coeur, assurent des maraudes nocturnes.

Avec un objectif: repérer les sans-abris et leur proposer un hébergement dans un foyer ou un gymnase.

"La soupe et le café sont un prétexte pour aller à la rencontre des personnes. L'objectif n°1 est d'être un lien social avec ceux qui dorment dehors", explique Gaëlle, 32 ans, bénévole des Restos du coeur.

- Ajaccio sous la neige -

Et les flocons pourraient prendre le relais avec le radoucissement attendu en fin de semaine.

Après des chutes de neige sur Bastia lundi, la baie d'Ajaccio s'est réveillée sous un manteau blanc, du jamais vu depuis 1986, selon Météo France. "#Neige A #Ajaccio, on a relevé 13 cm à 7 h du matin, la plus forte épaisseur depuis les 25 cm du 10 février 1986!", a précisé l'institut météorologique sur son compte Twitter, photos à l'appui.

En conséquence, les vols au départ et à destination d’Ajaccio et de Figari ont été suspendus.

Lundi déjà, à Nice, de gros flocons avaient déjà parsemé la célèbre Promenade des Anglais et sa plage.

Sur le front énergétique, les centrales nucléaires restent très sollicitées. Dans la Drôme, EDF a décidé de repousser en raison de la vague de froid la visite de maintenance de l'unité de production n°4 de la centrale de Tricastin qui devait débuter samedi dernier.

"La disponibilité de la centrale du Tricastin, qui contribue à hauteur de 6% à la production d’électricité d’origine nucléaire française, est indispensable", a fait valoir EDF, laissant entendre que la situation énergétique était tendue.

Après un mois de janvier historiquement doux et un début février neigeux, cet épisode de froid est marquant en raison de son caractère tardif. La France n'avait pas connu une telle vague de froid à cette période de l'année depuis 2005.

Météo-France prévoit désormais un redoux "brutal" en fin de semaine dans le Sud qui devrait se diffuser progressivement sur le reste du pays avant un week-end printanier.

Loin de se cantonner aux frontières françaises, cette vague de froid que les spécialistes ont désigné comme le "phénomène Moscou-Paris" a balayé toute l'Europe, faisant au moins dix morts depuis trois jours.

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