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Thomas Pesquet, astronaute caméraman

Thomas Pesquet, astronaute caméraman
l'astronaute Thomas Pesquet photographié lors de la 71ème édition du Festival de Cannes en maiYANN COATSALIOU
espace

Entre deux expériences scientifiques, l'astronaute Thomas Pesquet a réussi à se faire caméraman lors de son séjour dans l'espace, pour les besoins d'un long métrage autour de sa mission qui sortira en salles mercredi.

Pour ce film, "j'ai été caméraman, preneur de son, pigiste, figurant, extra", a expliqué en souriant Thomas Pesquet à l'occasion d'une projection en avant-première cette semaine à Paris.

Intitulé "16 levers de soleil", le documentaire a été réalisé par Pierre-Emmanuel Le Goff, qui a filmé le parcours du benjamin des astronautes européens à partir de 2015 et l'a décliné en plusieurs formats.

Après "Thomas Pesquet, l'étoffe d'un héros" (2015) et "L'envoyé spatial" (2016), le réalisateur livre un film, assez personnel et onirique, de deux heures sur les 200 jours de l'astronaute dans la Station spatiale internationale (ISS) de fin novembre 2016 à début juin 2017.

Son "fil conducteur" est un "dialogue" entre les textes du pilote Antoine de Saint-Exupéry et Thomas Pesquet parti dans l'espace avec les oeuvres complètes de l'écrivain disparu en mer en 1944, explique Pierre-Emmanuel Le Goff.

Produit par la Vingt-Cinquième heure, le film sort dans 150 salles.

A bord de l'ISS, située à 450 km de la Terre, le cinéma "ne fait pas partie de la mission", tient à souligner d'emblée l'astronaute de 40 ans, comme pour parer à d'éventuelles critiques. "Nous sommes là pour faire de la recherche".

Lors de son séjour, Thomas Pesquet avait posté de nombreuses photos sur les réseaux sociaux. Cela lui avait attiré des remarques d'internautes se demandant si cela n'avait pas nui à sa mission scientifique. A son retour, l'astronaute avait dû expliquer que tout cela s'était fait sur son temps libre.

La caméra aussi, c'était après le boulot. "Faire des images était toujours très bas dans les priorités à bord de la station". "Sympas", des collègues astronautes ont mis la main à la pâte pour l'aider sur certaines prises de vue.

- Hésitations -

Thomas Pesquet, déjà ingénieur et pilote de ligne, reconnaît que le job de cameraman n'était pas toujours facile. "C'est du matériel compliqué, avec des réglages en manuel".

Dans la station, le film montre à la fois les astronautes au travail, notamment une sortie dans l'espace, mais aussi la vie quotidienne.

On y voit le Normand se raser, se laver les cheveux avec une grosse bulle d'eau. On voit aussi sa compagne Anne lui parler par liaison vidéo. "Tu as appelé ta mère?", lui demande-t-il.

Avant son départ pour l'espace, Pesquet a expliqué au réalisateur qu'Anne travaillait à la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) à Rome. "Elle sauve le monde. Moi je fais rêver les enfants".

Toutefois la vision de la Terre - si fragile - depuis l'espace, a accentué sa prise de conscience sur les enjeux environnementaux. "J'essaie de me rendre utile dans ce domaine. Mais c'est compliqué car je suis pris à 100% de mon temps par mon métier à l'Agence spatiale européenne".

Selon le JDD, en 2017, après avoir été nommé ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot (qui a démissionné depuis) aurait proposé à l'astronaute de prendre la tête de la fondation FNH qu'il a créée.

Thomas Pesquet reste les yeux rivés vers les étoiles. "Dans mon rêve, idéalement, d'ici 2024 je retourne sur l'ISS pour une deuxième mission". Ensuite, "j'aimerais être parmi les premiers à aller dans la future station autour de la Lune". Elle est prévue "à partir de 2025 - j'espère que cela ne va pas prendre de retard et que j'en ferais partie".

Et puis après 2035, se profileront pour les astronautes des missions pour Mars. Là encore, il s'y verrait bien.

Qu'en pense sa compagne? "Je pense qu'elle se dit que c'est dans vingt ans et donc qu'on a le temps de voir. Et elle ne partage pas forcément mon optimisme sur la technique".

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