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TRISTE: il y a de moins en moins d'oiseaux en Wallonie

TRISTE: il y a de moins en moins d'oiseaux en Wallonie

L'association Natagora dresse un bilan peu réjouissant des populations d'oiseaux les plus communs en Wallonie.

L'association de défense de la nature Natagora publiera dans quelques jours l'état des lieux des populations d'oiseaux les plus communs en région wallonne. Les chiffres sont loin d’être réjouissant.


LE COMMUNIQUÉ DE NATAGORA

Chaque année depuis 1990, plusieurs dizaines de volontaires consacrent une partie de leur temps à la réalisation d’inventaires standardisés de l’avifaune wallonne. Les 51 661 points d’écoute de 5 minutes réalisés depuis le début du programme permettent de dresser un état de santé de nos 81 espèces d’oiseaux les plus répandues.


Une diminution qui s'est accélérée au cours des dix dernières années

Une majorité d’espèces communes sont en déclin ces 28 dernières années en Wallonie, les populations de seulement 26 % d’entre elles augmentent. En moyenne, les effectifs toutes espèces confondues décroissent de 1 % par an depuis 28 ans et cette diminution s’accélère depuis 10 ans.


Un déclin prononcé des espèces des milieux agricoles

Les oiseaux des milieux agricoles sont particulièrement touchés par les diminutions, en particulier les espèces nichant au sol dans les cultures. Le recours aux produits phytosanitaires, les modifications des pratiques et globalement l’intensification de l’agriculture semblent principalement responsables de la situation. Leur déclin s’est encore accéléré ces dix dernières années.

Dans les milieux agricoles, 65 % (11 sur 17) des espèces sont en déclin. On parle notamment du bruant proyer (-15,45 % par an), du vanneau huppé (-3,68 % par an) ou de l’alouette des champs (-4,01 % par an). Deux espèces sont stables : la bergeronnette printanière et le corbeau freux. Et 24 % seulement des espèces sont en augmentation (tarier pâtre (+6,57 % par an), pie-grièche écorcheur (+4,44 % par an), fauvette grisette (+1 % par an) et le faucon crécerelle (+1,4 % par an).

En outre, c’est parmi les espèces des milieux agricoles que l’on doit rechercher les espèces dont le déclin est le plus marqué. Les populations de perdrix grise, tourterelle des bois ou bruant proyer sont en chute vertigineuse.

Bien que des solutions existent et ont montré leur efficacité (sites Natura 2000, mesures agri-environnementales, plantations de haies), celles-ci n’ont bien souvent qu’un effet localisé qui reste insuffisant pour compenser le déclin majeur ayant cours ailleurs.


En forêt: des espèces en déclin, d'autres en expansion

Pour les 22 espèces typiquement forestières concernées par l'échantillonnage, la situation est en moyenne bien moins préoccupante que pour les espèces agricoles. À long terme, 4 espèces sont en augmentation (dont le roitelet triple-bandeau), 7 espèces sont stables (comme le bouvreuil pivoine ou le pic noir) et 11 sont en déclin (roitelet huppé, mésange nonnette…). Bien qu’en léger déclin sur le long terme, l’indicateur des oiseaux forestiers montre une tendance récente à la stabilisation.

Le vieillissement de nos forêts explique la progression de plusieurs espèces forestières, notamment le pic mar ou le grimpereau des bois, qui progressent de plus de 3 % par an et qui voient leur aire de répartition s’étendre spectaculairement.

Les causes de déclin des espèces forestières sont plus délicates à mettre en évidence. La carence en régénération forestière, liée à la fermeture du couvert et aux fortes densités d’ongulés, pourrait expliquer la chute de certaines espèces.

Enfin, les espèces spécialistes des conifères, dont la plupart sont apparues en Wallonie dans le courant du 20e siècle, voient leurs populations diminuer. Ce déclin est très vraisemblablement à associer à la réduction de la superficie des peuplements âgés d’épicéas (-18 % depuis 1990). C’est le cas notamment de la mésange huppée ou de la mésange noire.


Changements climatiques

L’impact des changements climatiques est une réalité qui se fait déjà sentir sur l’avifaune wallonne. Parmi les espèces suivies, 64 sont susceptibles d’être des "perdantes" du changement climatique (les trois espèces les plus affectées en théorie étant la grive litorne, la mésange boréale et l’hypolaïs ictérine), contre 11 supposées être gagnantes (les trois espèces les plus favorisées en théorie sont l’hypolaïs polyglotte, la gallinule poule-d’eau et le tarier pâtre).

Étant donné ce déséquilibre entre les deux groupes d’espèces, on pourrait en conclure que le réchauffement climatique est un facteur majeur contribuant au déclin global des effectifs d’oiseaux communs en Wallonie. Une analyse plus approfondie a toutefois montré qu’il n’expliquait que 10 % de la variabilité des tendances de populations sur 25 ans. Dans la mesure où ces changements vont s'accélérer dans le futur, on peut néanmoins craindre que leur impact ne viennent s’ajouter aux facteurs évoqués plus haut.

Grosso

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