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Vallée de l'arsenic dans l'Aude: l'ARS "ne minimise pas le risque"

Vallée de l'arsenic dans l'Aude: l'ARS
Le site de l'ancienne mine d'or et d'arsenic de Salsigne, dans le sud de la France, le 4 mars 2019ERIC CABANIS

Dans la vallée de l'Orbiel, site de l'ancienne mine d'or et d'arsenic de Salsigne, habitants et élus reprochent à l'Etat d'avoir tardé à gérer l'impact toxique des inondations d'octobre 2018. "Nous ne minimisons absolument pas le risque sanitaire", affirme Jean-Jacques Morfoisse, directeur adjoint de l'Agence de santé régionale (ARS) Occitanie.

QUESTION:Comment expliquer les cas de surexposition recensés depuis juin et qui jusque là concernent 48 enfants?

REPONSE: Géologiquement, il y a de l'arsenic partout dans la zone. C'est un fait physique. Il y a aussi une situation historique connue sur cette vallée où depuis plus de 20 ans (la mine a été fermée en 2004), nous diffusons des recommandations sanitaires.

On se doit de s'interroger sur la connaissance de ces recommandations notamment par les familles récemment implantées, dont certaines disent qu'elles les ignoraient. On sait, car on l'avait regardé en 2015, que ces préconisations ne sont pas suffisamment connues et suivies. Il s'agit du premier facteur certain de surexposition.

S'est rajoutée la question des inondations qui ont modifié la géologie du territoire et probablement porté des dépôts d'arsenic à différents endroits qui jusqu'à présent n'étaient pas connus pour en avoir. Nous attendons les résultats courant septembre d'une étude commanditée à ce sujet au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières, organisme public).

Si cette étude montre qu'à certains endroits on peut réduire le risque en amont, j'en serais ravi, et si des mesures sont à prendre je ne doute pas que les services de l’État les prendront. De toutes façons, quelque soit l'endroit où on vit dans cette vallée, même sur des zones pas inondées, il y a de l'arsenic dans le sol, c'est une donnée géologique, physique.

Q: Des habitants et élus demandent une extension du dépistage au-delà de la population enfantine, est-ce envisagé?

R: Pour étendre le dispositif nous allons attendre les résultats de l'étude de prélèvements des sols du BRGM, pour voir s'il y a d'autres types de population plus exposés. Nous avons sollicité Santé publique France pour voir s'il faut mener des campagnes d'études d'imprégnation plus larges.

Nous avons jusque là ciblé les enfants scolarisés en maternelle et primaire, qui sont à peu près 300 dans la zone, du fait de l'impact sur le système neurologique que peut avoir une exposition sur plusieurs années. De par leur comportement, et notamment le "porter la main à la bouche" ils sont naturellement plus exposés à l'arsenic, l'ingestion étant le facteur majeur d'imprégnation.

Q: Certains parents disent envisager de quitter la région, que leur répondez-vous?

R: Je comprends l'émotion, l'inquiétude, voire l'angoisse des parents. Oui il y a de l'arsenic dans cette vallée, oui l'arsenic est dangereux à terme pour la santé, mais oui on peut y vivre.

Mais il faut prendre l'engagement de se laver systématiquement quand on manipule de la terre, de ne pas boire d'eau de puits privés, de ne pas manger de productions jardinières si on ne connait pas la façon dont elles sont arrosées....

On peut se protéger avec des mesures simples mais tous les jours et toute la vie. Savoir si la contrainte de ces mesures au quotidien est acceptable est un choix personnel.

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