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We Love Green, le festival écolo qui cherche à être durable

We Love Green, le festival écolo qui cherche à être durable
Orelsan, l'une des têtes d'affiche du festival We Love Green 2018, le 11 mai 2018 à TokyoMartin BUREAU

We Love Green aborde sa septième édition, samedi et dimanche au Bois de Vincennes, fort d'une affiche pointue et attractive avec Björk, Migos, Beck ou Orelsan, mais ce festival indépendant et écoresponsable cherche encore à se pérenniser.

L'an passé, le festival de l'Est parisien avait attiré 58.000 festivaliers, dont 8.000 s'étaient décidés la veille seulement, encouragés par la chaleur. Le week-end qui se profile apparaît plus incertain entre éclaircies et averses orageuses prévues, mais les organisateurs sont optimistes puisque le samedi (avec également Jamie XX, Juliette Armanet, Lomepal...) affiche complet.

Reste à écouler les derniers billets du dimanche dont le plateau est tout aussi relevé avec Björk, qui proposera un show entre art contemporain et opéra pour sa seule date française, Charlotte Gainsbourg, enfin épanouie sur scène, le prédicateur pop Father John Misty, le prodige de l'électro-rock King Krule et une des figures montantes du rap californien Tyler, The Creator.

De la bonne musique donc, mais également des bonnes idées à échanger au sein du Think Tank, avec débats sur les innovations environnementales ou sensibilisation aux enjeux écologiques, et de la bonne nourriture puisque l'offre gastronomique sera gargantuesque avec une cinquantaine de restaurants sélectionnés par un jury de professionnels.

L'objectif de 70.000 personnes pourrait être atteint. "Pourtant, We Love Green n'est pas encore rentable", regrette sa directrice, Marie Sabot. "On est sur un format très fragile. La question va se poser de savoir si on doit continuer".

Car sur ce site classé, "les contraintes environnementales sont très lourdes, il n'y a pas de barrières, pas d’électricité, pas d'eau, nous devons à chaque fois créer cette petite ville", explique-t-elle. Ces frais de productions, incluant également le montage des scènes, des loges et des espaces de restauration, représentent les deux tiers du budget, qui s'élève à 5,9 millions d'euros.

Mais pour la cofondatrice (avec le label Because Music) du "WLG", le gros motif d'inquiétude est le niveau des aides publiques globales.

- Un troisième jour espéré -

"Les subventions constituent à peine 3% de notre budget. On reçoit 50.000 euros de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) qui nous aide sur la partie développement durable. On a 80.000 euros de la région Ile de France, qui nous aide à monter une scène +jeunes talents+ qui nous coûte plus cher. Le ministère de la Culture nous alloue 40.000 euros. La mairie de Paris nous verse 15.000 euros, mais nous lui donnons une redevance d'environ 250.000 euros pour l'occupation du site", énumère-t-elle.

"Sur 100% d'aides publiques en France, il n'y a que quelques pourcentages accordés à la musique actuelle, loin derrière les festivals lyriques, classiques ou de jazz dont les subventions ne bougent pas", regrette-t-elle.

Pour l'optimisation de son modèle économique, l'entrepreneuse de 47 ans aimerait instaurer un troisième jour de festival et installer un camping. Ce qui lui est pour l'heure refusé par les autorités.

La patronne de WLG se félicite toutefois d'avoir obtenu l'autorisation pour s'établir dans le Bois de Vincennes en septembre, bien plus tôt que d'habitude. Ce qui lui a permis de travailler sa programmation dans le même tempo que ses homologues français et européens.

Cette année, We Love Green s'est encore regroupé avec le puissant festival barcelonais Primavera Sound, les Anglais Field Day et Park Life et quelques autres. "On s'est mis à plusieurs pour faire une offre commune sur tel ou tel artiste. Les propositions (financières) s'ajoutent selon la taille du festival, plus forte chez Primavera, un peu moins chez nous. C'est comme ça qu'on a pu faire venir Björk ou Migos", éclaire Marie Sabot.

"C'est hyper intéressant de travailler ensemble, entre festivals qui se comprennent artistiquement. C'est ce qui nous sauve aujourd'hui. Avec le Primavera, on est d'ailleurs partis pour monter un réseau de festivals indépendants", annonce-t-elle.

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