Wendy a découvert une minuscule météorite en Antarctique: c'est un morceau de Mars très utile pour les chercheurs

Wendy a découvert une minuscule météorite en Antarctique: c'est un morceau de Mars très utile pour les chercheurs

Une météorite martienne collectée lors de la campagne belgo-japonaise en Antarctique en 2012 et 2013 est arrivée mardi en Belgique pour être examinée en détail, annonce l'Université libre de Bruxelles (ULB). Elle va être étudiée par une équipe de chercheurs de l'ULB et de la Vrije Universiteit Brussel (VUB).

Pour l'une des chercheuses, Vinciane Debaille, c’est une fierté. Devant elle se trouve la météorite martienne. Elle mesure à peine 1 cm, mais elle est terriblement précieuse.

En 2012 et 2013, une campagne belgo-japonaise a été organisée en Antarctique pour collecter des météorites, avec le support financier de la politique scientifique fédérale (Belspo) et logistique de la Fondation polaire internationale, explique l'ULB dans son communiqué. Une météorite martienne, nommée Asuka 12325 en référence au nom de code de la station Princesse Elisabeth en Antarctique, a alors été récoltée.

Wendy Debouge faisait partie du voyage. C’est elle qui a découvert la météorite en premier. Un souvenir inoubliable. "Mon collègue japonais est passé juste à côté et je me suis demandée pourquoi il ne la ramassait pas. Moi je me suis un peu précipitée dessus, puisque je ramassais toutes les météorites que je voyais. Puis il a fait marche arrière et il m'a dit 'Peut-être bien que c'est une terrestre, ou alors c'est une martienne, parce qu'elle a une drôle de couleur, ce n'est pas la couleur habituelle d'une météorite'. Donc on l'a ramassée par précaution et on a bien fait, puisque c'est effectivement une martienne", indique la responsable du laboratoire de l'ULB.

Ces météorites nous permettent de dater l'âge de la surface martienne

Depuis le mois de mai, la météorite est chez nous, à Bruxelles. Les analyses vont prendre 10 mois pour l'étudier. Les résultats sont attendus avec énormément d’impatience. "Ces météorites nous permettent de dater l'âge de la surface martienne, l'âge des volcans martiens finalement. Aujourd'hui, la plus jeune météorite martienne a 150 millions d'années. Vous allez me dire que c'est peut-être ancien, mais à l'échelle géologique c'est très très jeune, et ça prouve que Mars est toujours active géologiquement", explique Vinciane Debaille, chercheuse qualifiée FNRS à l'ULB.

Les chercheurs belges vont désormais pouvoir l'étudier notamment pour obtenir son âge de cristallisation (l'âge de l'activité volcanique qui a formé cette roche) et pour comprendre comment la planète Mars s'est refroidie et a développé une croûte volcanique, souligne l'ULB. "Ces échantillons sont précieux pour préparer au mieux les futures missions de retour d'échantillons martiens dans les dix prochaines années", indique l'ULB.

Plus de 59.000 météorites sont répertoriées dans le monde entier, dont 0,35% proviennent de la planète rouge, indique l'université. Les chercheurs n'ont jamais observé une météorite quitter Mars mais les météorites martiennes contiennent des bulles de gaz ayant la même composition que l'atmosphère de la planète rouge mesurée par des sondes américaines dans les années 1970. Ainsi, 209 météorites provenant de Mars sont répertoriées, dont 171 de la famille des shergottites, du nom de Shergotty, la ville en Inde où est tombée l'une d'elles en 1865. La météorite étudiée en Belgique appartient à cette famille.

La météorite martienne possède aussi en elle des informations sur la création de plusieurs planètes, dont la nôtre: la Terre.

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