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Les survivants du cancer peinent parfois à acheter un bien immobilier malgré l'existence d'une loi sur le "droit à l'oubli"

 
 

À un jour de la Grande soirée de clôture du Télévie, nous nous intéressons à l'une des conséquences financières pour les patients qui ont été touchés par le cancer. De nombreuses compagnies d’assurance refusent d'octroyer aux anciens malades, une assurance "solde restant dû" quand ils veulent acheter un bien immobilier. Et pourtant, depuis 2 ans, il existe une loi sur le "droit à l’oubli".

Désireuse d'investir dans l'immobilier, Marie a trouvé un studio en région bruxelloise. Il ne lui manque qu'un quart du montant global pour obtenir le bien. Pourtant, ses démarches auprès des banques tournent court. "J'ai signé l'offre et le compromis. Heureusement, j'avais mis une clause suspensive car je n'ai pas eu le crédit. Et donc je n'ai pas pu acheter", explique-t-elle.

Le problème n'était pas d'obtenir l'emprunt hypothécaire auprès des banques mais l'assurance solde restant dû qui garantit le remboursement du crédit en cas de décès. Cette assurance est souvent obligatoire. Marie se l'est vue refuser à trois reprises au moment de remplir le questionnaire médical. "L'assurance parle d'espérance de vie. Et pour la mienne, d'un point de vue médical, personne ne me dit qu'elle est raccourcie. Mais d'un point de vue du questionnaire, ça fait peur", précise-t-elle. 

À l'époque, Marie est guérie d'un cancer diagnostiqué 5 ans plus tôt. Elle décide finalement de renoncer à son projet immobilier. "Il y a un volet émotionnel qui n'est pas facile à vivre. De retracer, de se remontrer vulnérable, blessée, malade... On n'en a pas envie. Surtout quand on est guérie", confie-t-elle. 

Une loi pour diminuer le délai

Heureusement, la situation des survivants du cancer progresse. Grâce à la détermination du Dr Françoise Meunier et des associations de patients, une loi, entrée en vigueur en 2020, prévoit désormais le droit à l'oubli pour les patients guéris depuis 10 ans. "Quand j'ai été diplômée médecin en 1954, annoncer à un patient un diagnostic de cancer était une sentence de mort. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Donc on a eu de la chance dans une vie professionnelle d'observer ces résultats fantastiques. Mais la société n'a pas évolué et n'a pas intégré le fait que nous puissions dire à des malades 'Vous êtes guéri'", éclaire la médecin.  

Aujourd'hui retraitée, elle mène un travail de longue haleine auprès des législateurs des différents pays européens. Son combat porte ses fruits. "Ils sont en train actuellement d'introduire une modification à cette loi pour diminuer le délai de 10 à 5 ans. Ce qui est fantastique", souligne Dr Meunier. 

Parallèlement, une série de cancers à meilleur pronostic bénéficie déjà d'un droit à l'oubli inférieur à 10 ans. La liste évolue au gré des progrès médicaux. 


 

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