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"Chemise arrachée" à Air France: la cour d'appel rendra son jugement le 23 mai

Rassemblement en soutien aux salariés d'Air France poursuivis pour "violences" sur des cadres de l'entreprise, le 27 mai 2016 devant le palais de justice de BobignyBERTRAND GUAY

La cour d'appel de Paris rendra le 23 mai son jugement concernant douze salariés et ex-salariés de la compagnie Air France dans l'affaire dite de la "chemise arrachée", a-t-elle décidé mardi au dernier jour du procès.

Les images de deux cadres d'Air France, chemises arrachées par des manifestants, avaient fait le tour du monde quand une manifestation destinée à dénoncer un projet de restructuration de la compagnie aérienne menaçant plusieurs milliers d'emplois avait dégénéré en octobre 2015.

Depuis le 12 mars, quatre prévenus répondaient en appel de violences sur deux cadres de la compagnie et des vigiles. Les huit autres de dégradations sur le portail d'accès au siège. Quasiment tous sont membres de la CGT.

L'accusation avait requis lundi trois à cinq mois de prison avec sursis contre les quatre ex-salariés poursuivis pour violences.

Trois d'entre eux avaient été condamnés le 30 novembre 2016 à Bobigny à trois et quatre mois de prison avec sursis. Le quatrième avait été relaxé.

L'accusation a également demandé lundi la confirmation des peines d'amende prononcées en première instance contre les huit autres prévenus.

Les avocats de la défense ont tous plaidé la relaxe, estimant que leurs clients ne pouvaient être tenus pour responsables des violences qui eurent lieu le 5 octobre 2015.

Ce jour-là, une manifestation contre un projet de restructuration menaçant 2.900 emplois avait dégénéré lorsqu'une foule d'environ 1.500 manifestants avait envahi le siège de la compagnie à Roissy, faisant irruption dans la salle où se tenait un Comité central d'entreprise (CCE).

Pris à partie alors qu'ils exposaient le plan, Xavier Broseta, le DRH de l'époque, et Pierre Plissonnier, le responsable de l'activité long-courrier, avaient dû fuir sous les huées, torse nu pour le premier, la chemise en lambeaux pour le second. Les images des deux cadres forcés d'escalader un grillage pour échapper à la foule avaient fait le tour du monde et terni la réputation de la France en matière de dialogue social.

Depuis l'épisode de la chemise arrachée, le contexte a changé au sein de la compagnie, redevenue profitable. Résultat: les syndicats n'en sont plus à mobiliser contre un éventuel plan social, mais pour une revalorisation des grilles salariales de 6%, comme ils le réclameront lors d'une grève prévue vendredi.

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