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"France 2030" met l'accent sur les bornes de recharge et les avions "sobres"

 

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Le plan "France 2030" comprend quatre milliards d'euros de soutien aux filières automobiles et aéronautiques, dont une partie importante devrait être consacrée au déploiement de bornes de recharge, a expliqué le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari dans un entretien à l'AFP mardi.

Q: Comment ce plan va-t-il aider la filière automobile à électrifier son offre? Comprend-il les hybrides?

R: "Décarboner les transports, c’est décarboner en priorité le parc automobile. On inclut les hybrides rechargeables, mais la réalité du marché, c’est d’aller vers des véhicules à batterie électrique.

Ce que nous avons commencé à faire avec le plan de relance et allons continuer avec ce plan d'investissement, c’est de soutenir les constructeurs sur leur offre de véhicules électriques, à l’aide aussi de dispositifs financiers qui ne sont pas dans le plan comme le bonus à l'achat.

Les constructeurs ont fait le choix stratégique de délocaliser leur production. On a perdu une partie de l’empreinte industrielle française. Et on n’a pas été en mesure d’être leaders sur les grandes transitions.

Toutes les réformes qui ont été faites depuis 2017 ont permis de restaurer l’attractivité de la France, même en temps de crise. Dans une industrie qui se redessine, la France a son rôle à jouer. Le président de la République va réinviter la filière automobile à la fin du mois".

Q: Comment le plan va-t-il accélérer le déploiement des bornes de recharge?

R: "On est aujourd’hui dans une situation satisfaisante, qui nécessite tout de même de poursuivre nos efforts. On était à 400.000 bornes en début d'année, au 1er août on en avait 710.000, et on en aura un million en fin d’année, chez les particuliers comme dans les entreprises.

On aura équipé la moitié des aires de service d’ici la fin de cette année et la totalité des aires d’ici la fin 2022.

Il reste un point d’accentuation de l’effort: les bornes ouvertes au public. Pour être au bon niveau d’équipement du territoire, il manque 15.000 bornes d’ici 2025.

Ce plan finance notamment ces bornes via un financement public, avec le privé. L’objectif est d’implanter des stations à haute puissance en voirie publique".

Q: Quels sont vos objectifs pour le secteur aérien?

R: "Il y a deux objets pour la transition et la décarbonation du transport aérien, le premier c'est effectivement le Corac, la recherche sur la construction aéronautique, pour développer une nouvelle génération d'avions sobres en carbone. C'est tout ce que vous connaissez et qui parfois vole déjà, des avions électriques, des avions hybrides, demain des avions à hydrogène au sens large. (...)

Le deuxième volet c'est ce qu'on appelle les carburants alternatifs au kérosène, ce sont des expérimentations qui ont lieu actuellement: on a fait voler un avion entre Nice et Paris il y a 15 jours avec 30% de biocarburant.

C'est là un double enjeu autour de la décarbonation rapide du transport aérien, parce que c'est finalement la filière la plus mature, et à l'échelle du cycle de vie vous pouvez facilement diminuer de l'ordre de 90% les émissions du transport aérien. C'est une solution pérenne pour le long courrier.

En l'état de la science, il sera difficile de proposer une alternative avec une nouvelle génération d'avions, et puis surtout, c'est une nouvelle industrie en économie circulaire qui peut être mise en oeuvre partout dans les territoires parce que c'est vraiment là le recyclage des huiles usagées, les résidus agricoles et forestiers, demain l'hydrogène recombiné avec du CO2."


 




 

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