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"France Médias", le nouveau big bang de l'audiovisuel public

Les logos des cinq antennes de France Télévisions, à Paris le 26 mars 2019Lionel BONAVENTURE

Le gouvernement va regrouper les entreprises de l'audiovisuel public dans une holding appelée "France Médias", à la manière de la BBC au Royaume-Uni. Tour d'horizon des groupes concernés par ce big-bang, qui va réunir sous un même toit des entités séparées depuis l'éclatement de l'ORTF en 1975.

- France Télévisions

Navire amiral de l'audiovisuel public, France Télévisions, constitué en 1992, comprend 6 chaînes nationales diffusées sur la TNT (France 2, 3, 4, 5, Ô et franceinfo), et la plateforme en ligne france.tv, plus une vingtaine d'antennes régionales et des chaînes et stations ultramarines.

Dirigé depuis avril 2015 par Delphine Ernotte, il comptait 9.618 équivalents temps plein (ETP) fin 2018.

Le groupe dispose du budget le plus élevé de tout l'audiovisuel en France, malgré un plan d'économies et des réductions d'effectifs : 2,8 milliards d'euros en 2018, dont 2,5 milliards issus de la redevance.

Il doit préparer l'arrêt l'an prochain de France 4 et France Ô, et met les bouchées doubles pour développer ses offres en ligne. Outre France.tv et des offres destinées aux jeunes et aux enfants (comme Slash et Okoo, attendue fin 2019), le groupe va lancer d'ici fin mars 2020 Salto, plateforme commune avec TF1 et M6.

- Radio France

Premier groupe de radio français, Radio France, né en 1975, rassemble sept stations (France Inter, franceinfo, France Culture, France Musique, Fip et Mouv', plus France Bleu et ses 44 stations locales), et quatre formations musicales (deux orchestres, un choeur et une maîtrise). Il est dirigé depuis l'an dernier par Sibyle Veil.

Le groupe comptait fin 2018 4.780 salariés, pour un budget d'un peu moins de 700 millions d'euros, dont environ 600 millions issus de la redevance. Il est également lancé dans un plan d'économies, qui prévoit la suppression de 300 postes d'ici 2020.

Côté chantiers, Radio France est déjà très actif dans le numérique, mais doit aussi faire face à l'évolution accélérée des usages, avec le développement des enceintes connectées et des plateformes musicales et audio, sans oublier la radio numérique (DAB+).

- France Médias Monde

Dernier né des groupes de l'audiovisuel public, créé en 2008 sous l'intitulé d'"Audiovisuel extérieur de la France" (AEF) puis rebaptisé France Médias Monde en 2013.

Il rassemble trois grands médias émettant dans une quinzaine de langues et au rayonnement mondial : Radio France Internationale (RFI), la chaîne d'info France 24, et la radio arabophone Monte Carlo Doualiya.

Le groupe dirigé par Marie-Christine Saragosse emploie environ 1.800 personnes. Il dispose d'un budget de 280 millions d'euros, dont environ 260 millions issus de la redevance.

- L'Ina

Créé en 1975, l'Institut national de l'audiovisuel est le premier centre d'archives numérisées au monde, ses fonds rassemblant plus de 19 millions d'heures de télévision et de radio. Il archive aussi certains sites web et comptes Twitter.

Mémoire de la télévision française, l'Ina valorise ces archives via la production d'émissions et l'édition de DVD, CD, et livres. Il propose aussi de nombreuses formations à l'audiovisuel et abrite le Groupe de recherches musicales (GRM).

Dirigé depuis 2015 par Laurent Vallet, l'Ina comptait fin 2018 943 salariés pour un budget d'environ 120 millions d'euros, issus aux deux-tiers de la redevance.

- Hors dipositif : TV5Monde et Arte France

Du fait de leurs statuts particuliers, car ils sont financés par plusieurs pays, TV5Monde et Arte France ne seront pas fondus dans la holding.

TV5Monde, fondée en 1984, est une chaîne francophone internationale financée par la France, la Suisse, le Canada, le Québec et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dirigée par Yves Bigot, l'entreprise opère un réseau mondial de 11 chaînes, qui diffusent des programmes originaux, et des émissions de ses partenaires (France Télévisions, la RTBF, RTS, Radio Canada...). Son budget s’élevait à 112 millions d'euros en 2018 (filiales inclues), dont deux tiers issus de la redevance française.

Arte France est le pôle hexagonal d'Arte, chaîne franco-allemande née au début des années 90, et fournit 40% de ses programmes. L'entreprise est présidée par Véronique Cayla et bénéficie d'environ 280 millions d'euros au titre de la redevance.

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