"Vous êtes sérieux, là?": quand Hulot crée la surprise en direct sur France Inter

Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, le 30 janvier 2018 à BruxellesEMMANUEL DUNAND

C'est une séquence rare qui s'est jouée mardi matin sur France Inter, lorsque le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, la gorge serrée, a annoncé en direct sa démission à des intervieweurs éberlués, à la surprise générale.

C'est seulement après quelques minutes d'interview que l'ex-animateur d'"Ushuaïa" concède qu'il se sent "seul à la manoeuvre" au gouvernement pour lutter contre "la tragédie climatique".

A Nicolas Demorand, coanimateur de la matinale, qui lui demande s'il va du coup rester dans ses fonctions, Nicolas Hulot devient soudain solennel: "Je vais prendre pour la première fois la décision la plus difficile de ma vie. Je ne veux plus me mentir. Je ne veux pas donner l'illusion que ma présence au gouvernement signifie qu'on est à la hauteur sur ces enjeux-là et donc je prends la décision de quitter le gouvernement."

"Vous êtes sérieux, là?", lui lance la coprésentatrice Léa Salamé, avec une expression totalement éberluée.

La journaliste précise à l'attention des auditeurs que le ministre n'avait "absolument pas prévenu" qu'il allait annoncer sa démission "bien au contraire".

Dans la suite de l'interview, le ministre démissionnaire confirme qu'il n'avait mis personne au courant, ni le président Emmanuel Macron, ni le premier ministre Edouard Philippe, et pas même son entourage. "C'est une décision entre moi et moi", assure l'ex-animateur d'"Ushuaïa" qui fut au début de sa carrière journaliste pour France Inter.

"C'était un moment de grâce, un moment unique", a raconté après cet événement Léa Salamé, dans un entretien diffusé par France Inter, parlant du "moment le plus fort" qu'elle ait vécu en tant que journaliste de radio et de télévision.

Au départ, "il était en colère, une colère froide, mais à aucun moment on a senti qu'il allait nous annoncer sa décision", a-t-elle poursuivi. "Il n'avait pas prévenu son épouse, il n'avait pas prévenu le premier ministre, il n'avait pas prévenu le président de la République, et même son assistant, il ne lui avait pas dit 5 minutes avant", a-t-elle assuré.

De son côté, l'éditorialiste de la radio Thomas Legrand a expliqué sur BFMTV que Nicolas Hulot "avait décidé de démissionner et d'annoncer sa démission dans quelques temps mais en rentrant dans le studio, il a visiblement changé d'avis", a-t-il témoigné, en ajoutant que ses collaborateurs, qui l'accompagnaient pour cette interview, "se sont un peu décomposés".

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