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La justice accorde un nouveau sursis d'un mois à Ascoval

La justice accorde un nouveau sursis d'un mois à Ascoval
Des travailleurs à l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), le 19 décembre 2018FRANCOIS LO PRESTI

Un mois jour pour jour pour rechercher un nouveau repreneur: la justice a accordé mercredi ce nouveau délai à l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) et ses 281 salariés, après la défaillance d'Altifort, incapable de réunir les fonds nécessaires.

La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg a ainsi répondu positivement aux souhaits de l’État qui s'est donné lui aussi un mois pour trouver une solution dans ce dossier devenu un marqueur de la politique industrielle du quinquennat Macron.

Le tribunal "a renvoyé l'affaire" au 27 mars, pour rechercher des solutions et "officiellement annulé" le projet de reprise par le groupe franco-belge Altifort, a expliqué l'avocat d'Ascoval, Me Guilhem Bremond.

Cela signifie "la continuation du redressement judiciaire qui n'avait pas cessé (...) dans une logique de recherche de repreneur", a poursuivi Me Brémond, ajoutant: "On sait tous qu'il y a des pistes, on sait tous que c'est difficile".

Ce nouveau délai, selon lui, doit permettre "à la fois de valider qu'il y a des marques d'intérêt sérieuses, et il y en a, sans aller trop loin car les salariés sont fatigués".

Pour le PDG d'Ascoval, Cédric Orban, également présent à Strasbourg, "le coup de massue est là mais la décision du tribunal, aujourd'hui, c'est la meilleure que l'on pouvait espérer vu les circonstances".

Elle "permet de maintenir une relation avec nos fournisseurs, nos clients et de payer nos salaires au nom d'Ascoval", a-t-il fait valoir, même si un mois, c'est "très court".

"Certains industriels se sont remanifestés" et l'aciérie a gagné "six nouveaux clients", restant "totalement crédible" tandis que "l'Etat aussi a clairement affiché son soutien à tout investisseur privé", a développé Cédric Orban.

En écho, Bruno Kopczynski, porte-parole de l'intersyndicale, a estimé que le sursis à Ascoval lui "permet de reprendre un peu de vie, de récupérer des salaires, de pouvoir payer (ses) fournisseurs et de rassurer (ses) clients".

- "Le moins pire du pire" -

"C'est le moins pire du pire", a enchaîné le syndicaliste, et même si "le délai est court, tout le monde va se donner à 100%". "Cette usine on y tient tous, elle fait partie de notre vie".

Mercredi matin, le site était quasi désert, a constaté une journaliste de l'AFP, l'aciérie étant à l'arrêt depuis vendredi soir conformément à un planning de production établi "avant" la décision de justice, a assuré à l'AFP le service de presse de l'usine.

Seuls les services de comptabilité et de direction travaillent, soit environ 30 personnes, les autres sont au chômage technique. La production pourrait redémarrer les semaines du 11 ou du 18 mars, en lien avec le carnet de commandes.

Mardi, lors d'une réunion à Bercy entre les différents acteurs du dossier, le ministre avait demandé à Altifort de "se retirer de toute possibilité de reprise d'Ascoval", estimant que le groupe franco-belge avait "trompé les salariés", mais aussi "les élus locaux et l’État".

Ce à quoi le directeur général d'Altifort, Bart Gruyaert, a répliqué: "Il y a des charges comme celle-là contre nous mais je le dis fortement: Altifort n'a trompé personne !", a lancé à l'AFP M. Gruyaert, persuadé qu'il "y a un avenir" pour l'aciérie.

Altifort avait créé la surprise jeudi en reconnaissant ne pas avoir obtenu "les financements externes" nécessaires.

Le groupe sidérurgique n'était pas parvenu à réunir les 35 millions d'euros qu'il s'était engagé à apporter lors de la validation de la reprise en décembre.

Créée en 1975 par Vallourec et devenue Ascoval en 2017, l'aciérie de Saint-Saulve, qui emploie 281 salariés, attend un repreneur depuis la liquidation judiciaire en février 2018 du groupe Asco Industries, à qui le sidérurgiste Vallourec avait cédé 60% de l'usine, tout en conservant 40% des engagements de commandes.

Mi-décembre, le tribunal de Strasbourg avait mis fin au suspense en validant la reprise de l'usine par Altifort. Altifort avait alors promis de débloquer 35 millions d'euros pour l'opération, aux côtés de 47 millions d'euros de fonds publics engagés "sous forme de prêt".

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