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A la SNCF, grève et unité syndicale toujours à l'ordre du jour

"On lâche rien", chantent les sonos des manifestations de cheminots. "On maintient la pression", répètent leurs syndicats qui continuent d'afficher leur unité contre la réforme ferroviaire alors que le 14e épisode de grève débute mercredi soir à la SNCF.

L'objectif est de peser sur la fin du circuit législatif de la réforme et les étapes suivantes: les négociations de la convention collective nationale de la branche ferroviaire et celles au sein de la SNCF.

Si l'intersyndicale est unie, elle est aussi plurielle. D'une part, l'Unsa et la CFDT qui ont proposé des amendements au projet de loi et gagné des garanties pour atténuer l'impact d'un projet qu'elles réprouvent. D'autre part, la CGT et SUD-Rail qui réclament le retrait du texte.

Plus radical, SUD-Rail critique même des amendements "ne garantissant pas grand-chose". Plus nuancée, la CGT salue une mobilisation qui a permis "de peser sur les discussions et négociations".

Après l'adoption en première lecture du projet de loi à l'Assemblée en avril, puis mardi au Sénat, les deux versions de la réforme seront examinées lundi par les parlementaires d'une commission mixte paritaire (CMP). S'ils trouvent un texte de compromis, hypothèse la plus probable, l'Assemblée en débattra le 13 juin et le Sénat le lendemain.

La semaine prochaine sera "importante avec la CMP" et sans doute "la réunion tripartite (gouvernement, syndicats, patronat) de relance des négociations dans la branche", a dit à l'AFP Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de la CFDT Cheminots. Le 4e syndicat de la SNCF espère glaner de nouvelles avancées lors de cette CMP, "attend des réponses de l'UTP" (Union des transports publics et ferroviaires, patronat) et des précisions de la direction de la SNCF pour "redonner confiance aux cheminots".

"Pour l'instant, on n'a pas du tout de visibilité, on jugera au global" avant de décider une éventuelle sortie de la grève, a souligné M. Mariani.

L'Unsa ferroviaire (2e syndicat) veut également "faire pression sur la réunion tripartite. A ce jour, nous n'envisageons pas de sortir du mouvement", a expliqué son secrétaire général, Roger Dillenseger, dont l'organisation avait songé fin mai à sortir de la grève cette semaine.

Selon le ministère des Transports, la date de la réunion tripartite, prévue "d'ici mi-juin", n'est "pas encore fixée".

- "La colère cheminote" -

Actuellement, "rien ne nous montre qu'il y aurait des divergences majeures entre les organisations syndicales", assurait mardi Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots (1er syndicat). "Les quelques amendements qui ont été validés ne remettent pas en cause le cœur des craintes des cheminots", répondait-il aux lecteurs du Monde.

Les quatre syndicats représentatifs prévoient un nouveau temps fort unitaire mardi, une "Journée de la colère cheminote". Comme lors de leur "Journée sans cheminots" le 14 mai, ils comptent regonfler les taux de grévistes, qui ont baissé au fil des épisodes de deux jours de grève sur cinq.

Jeudi, l'intersyndicale se retrouvera pour préparer cette mobilisation spéciale, ainsi que la réunion tripartite, mais également pour analyser le texte issu du Sénat et "évaluer le rapport de force".

SUD-Rail (3e syndicat) va proposer à ses partenaires de manifester lundi en marge de la CMP. Il appelle aussi les cheminots "à participer jeudi aux assemblées générales pour décider de la suite du mouvement et du calendrier" de la grève.

L'Unsa va de son côté "soumettre" aux autres syndicats l'idée d'"une parenthèse pour la journée du 18 juin", prévue en grève, afin de ne pas gêner les candidats au bac dans leurs déplacements, a indiqué à l'AFP Florent Monteilhet, secrétaire fédéral de l'Unsa ferroviaire.

Les syndicats, notamment par des délégations venues de Lorraine, feront aussi entendre leur voix jeudi à Luxembourg, à l'occasion d'un conseil des ministres européens des Transports.

Le même jour est prévue à Bobigny l'audience au fond dans l'affaire du non-paiement par la SNCF de certains jours de repos des grévistes.

Quant aux usagers, ils pourront compter sur un TER et Intercités sur deux, trois Transilien sur cinq et sept TGV sur dix, en cette 27e journée de grève depuis début avril.

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