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A Montparnasse, la CFDT sort son chrono pour dénoncer l'attente aux guichets

A Montparnasse, la CFDT sort son chrono pour dénoncer l'attente aux guichets
ERIC PIERMONT
Consommation

"Deux heures pour acheter un billet de train, c'est aberrant": pour prouver à la direction de la SNCF que les records d'attente explosent depuis la fermeture de guichets, les militants de la CFDT-Cheminots ont sorti leurs chronomètres mercredi à la gare Montparnasse.

Dans l'espace de vente de cette gare parisienne, Gaëlle se désespère: "Cette année, c'est effroyable. Il y a 30 personnes avant moi. Je vais devoir partir car je travaille. Je viens ici car je dois payer par chèques vacances" et "le point de vente a fermé dans mon quartier, à Boulogne-Billancourt", près de Paris.

Plus loin, une jeune salariée aide les clients qui peinent devant les écrans des bornes libre-service. "Je veux acheter une carte senior et un billet, c'est tout. Moi, c'est comme si je ne savais pas lire devant ces machines", se plaint une personne âgée sous sa crinière blanche.

A l'extérieur de la salle, la clientèle fait la queue pour accéder à un point d'accueil orientant les demandes. Des employés dispensent des conseils, comme Stéphane (prénom modifié). "On leur demande pourquoi ils sont dans la file" car "aujourd'hui, en raison de l'affluence", achats et échanges de billets ne sont possibles au guichet que pour un voyage le jour même ou sur rendez-vous. "Les personnes âgées sont démunies. J'en ai vu pleurer."

L'opération de la CFDT, commencée lundi, cible des grandes gares. Les chronos ont déjà été sortis à Lille, Nancy, Bordeaux et, dans la capitale, aux gares de l'Est, de Lyon et du Nord. Une tournée qui se poursuivra jusqu'à vendredi à Toulouse, Nantes et Rennes.

"Cette opération se veut pédagogique", explique à l'AFP Sabine Le Toquin, secrétaire nationale de la CFDT-Cheminots. "L'entreprise incite les gens à aller sur internet" car vendre un billet "au guichet lui coûte plus cher" que sur le web, ajoute-t-elle. "On n'est pas contre la digitalisation mais on veut que chaque client soit bien servi en fonction de ses besoins."

- "Un climat anxiogène" -

Mardi, le syndicat a chronométré "jusqu'à deux heures d'attente à gare de Lyon", précise Mme Le Toquin. Un record "aberrant", dénonce Isabelle Degli-Espoti, militante venue de Bordeaux.

De 10H30 à 12H00 mercredi à Montparnasse, après passage du point d'accueil, le chrono affichait un maximum d'une heure et 35 minutes, un minimum de 28 minutes.

Sortie après "plus de trois quarts d'heure..." de l'espace de vente, une cliente signe avec empressement la pétition réclamant "plus de guichets dans les gares".

Outre les fermetures, la suppression de la vente des billets grandes lignes dans certaines gares, "comme à Versailles", concentre la clientèle ailleurs, critique Laurent Marchand, élu CFDT.

Ces réorganisations dégradent aussi les conditions de travail des cheminots, proteste le syndicat. "Ça crée un climat anxiogène. Tous les jours, il y a des agressions verbales ou physiques de la part de clients. On vous tape avec un parapluie, on vous pousse..." raconte Virginie Besson, vendeuse à Montparnasse.

Interrogée par l'AFP, la direction de la SNCF relève qu'"on est dans une période de grands départs" et reconnaît "une attente importante" dans les gares parisiennes, ce qui "n'est pas satisfaisant".

Les effectifs de vente y "resteront stables en 2020", promet Violette Spillebout, directrice de la relation client et des situations sensibles à Voyages SNCF.

Et, nouveauté à la mi-juillet à la gare de l'Est, de Lyon et du Nord: de nouvelles bornes permettront le paiement en espèces, et pas seulement par carte bancaire.

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