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Affaire Ghosn: des représentants du gouvernement français à Tokyo

Affaire Ghosn: des représentants du gouvernement français à Tokyo
Combo des logos de Renault SA, Nissan Motor et Mitsubishi Motors réalisé à Tokyo le 23 novembre 2018Kazuhiro NOGI

Plusieurs représentants du gouvernement français sont à Tokyo mercredi pour une série de rencontres avec les différents protagonistes du dossier Renault-Nissan, en vue de préparer l'après-Carlos Ghosn, a indiqué Bercy.

Il s'agit d'un "déplacement prévu depuis plusieurs jours, dans la continuité des contacts que le Ministre et les équipes de Bercy ont eus depuis plusieurs semaines" avec les parties japonaises, a précisé le cabinet de M. Le Maire à l'AFP, confirmant une information du journal Le Figaro.

"Nous avons toujours dit que nous suivions la situation au quotidien au plus haut niveau. L’État assume totalement son rôle comme actionnaire de référence" de Renault, a complété Bercy.

Participent notamment à ce voyage Martin Vial, directeur général de l'Agence des participations de l'État (APE), et Emmanuel Moulin, directeur de cabinet du ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire, selon Le Figaro.

Le patron du constructeur d'automobiles japonais Nissan, Hiroto Saikawa, devait les rencontrer mercredi ou jeudi, a précisé à l'AFP une source proche de la compagnie.

L’État est le premier actionnaire du groupe au losange, avec 15,01% du capital. Nissan en détient 15%, mais sans droits de vote en assemblée générale.

Par le jeu des participations croisées, Renault contrôle pour sa part 43% de Nissan, qu'il a sauvé de la faillite il y a près de 20 ans.

- Un CA de Renault dimanche? -

Nissan possède par ailleurs 34% de Mitsubishi Motors, dernier venu dans l'alliance née en 1999. Ce dernier a prévu de tenir vendredi un conseil d'administration pour faire un point sur l'enquête interne visant Carlos Ghosn.

Parmi les dernières accusations de Nissan, le PDG de l'alliance aurait reçu une rémunération de plus de 7 millions d'euros en 2018 de la part d'une filiale néerlandaise détenue à égalité par Nissan et Mitsubishi (NMBV), sans approbation des patrons de Nissan (Hiroto Saikawa) et Mitsubishi (Osamu Masuko), a détaillé une source proche du dossier.

Sur ce volet de l'affaire, Nissan envisage de déposer plainte contre son ancien sauveur, afin d'obtenir réparation pour le préjudice subi.

Carlos Ghosn, mis en examen notamment pour abus de confiance, a vu sa demande de libération sous caution de nouveau rejetée mardi et pourrait rester des mois en prison, ce qui rendrait difficile son maintien à la tête de Renault, dont il est toujours PDG.

Jusqu'à son arrestation, Carlos Ghosn cumulait cette fonction avec celles de PDG de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et de président des conseils d'administration de Nissan et de Mitsubishi Motors. Il a depuis été déchu de ses fonctions chez les deux partenaires, et Nissan doit nommer un remplaçant dans les mois à venir.

La mise en place d'une nouvelle gouvernance chez Renault devrait être discutée lors d'une réunion du conseil d'administration du constructeur prévue dimanche, assure par ailleurs Le Figaro.

Contacté par l'AFP, Renault n'a pas confirmé cette dernière information.

L'intérim de M. Ghosn chez Renault est assuré par Thierry Bolloré. Nommé numéro deux il y a un an, il fait figure de dauphin officieux pour lui succéder à la direction générale du constructeur français.

Alors que la presse française s'est fait l'écho d'une gouvernance scindée avec la nomination d'un président non exécutif, le nom de Jean-Dominique Senard, président sortant de Michelin, revient régulièrement pour ce poste.

Une source proche du dossier a indiqué mardi soir à l'AFP que "la situation devrait vite bouger". "Le nom de Jean-Dominique Senard est cité par la direction", a ajouté cette source.

bt-er-tq-anb/tho

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