Affaire Kering: pour Macron, il est "évident" qu'un contrôle fiscal vise le groupe

Affaire Kering: pour Macron, il est
Le PDG du groupe Kering François-Henri Pinault lors de la présentation annuelle des résultats, le 13 février 2018 à Paris PATRICK KOVARIK

Emmanuel Macron a jugé dimanche qu'il était "évident" que le groupe français de luxe Kering, qui aurait selon le site d'information Mediapart soustrait environ 2,5 milliards d'euros d'impôts depuis 2002, dont une partie au fisc français, faisait l'objet d'un contrôle fiscal en France.

Selon un article de Mediapart publié mi-mars, "le numéro 2 mondial du luxe a évadé environ 2,5 milliards d'euros d'impôts depuis 2002, pour l'essentiel au préjudice de l'Italie, mais aussi de la France et du Royaume-Uni".

Interrogé sur ce chiffre par Edwy Plenel, cofondateur et patron de Mediapart, lors d'un entretien télévisé dimanche, pour savoir s'il allait demander au ministre des Comptes publics de saisir la justice pour récupérer cet argent, M. Macron a répondu : "Est-ce que vous pensez une seule seconde que le contrôle fiscal français est resté inactif face à ça ?"

Soulignant que le président de la République ne donnait "pas d'instructions aux équipes du contrôle fiscal", il a indiqué que l'administration fiscale, quand elle voyait des articles comme celui de Mediapart, lançait "immédiatement un contrôle fiscal".

"Il est évident que l'affaire dont vous parlez (...) elle est en ce moment où on parle l'objet d'un contrôle fiscal", a-t-il encore insisté, tout en soulignant qu'il n'avait "pas à connaître" ces affaires.

Concernant la France, "la maison Saint-Laurent a éludé à elle seule le paiement d'environ 180 millions d'euros d'impôts en France", a écrit encore le média.

Le groupe Kering a lui réfuté les chiffres évoqués par Mediapart mais n'a pas démenti avoir fait l'objet d'un contrôle fiscal.

"Le groupe Kering dément l’ensemble des chiffres fantaisistes évoqués par Edwy Plenel à propos d’une prétendue évasion fiscale concernant le Groupe. Ces chiffres sont dénués de tout fondement", a réagi dans la nuit de dimanche à lundi le groupe Kering, dans un communiqué.

"Comme tous les groupes de sa taille, Kering fait l’objet de contrôles fiscaux réguliers, mais le Groupe tient à préciser qu’il n’est visé par aucune plainte pour fraude fiscale en France", précise Kering, dans le communiqué.

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