Air France: Jean-Marc Janaillac, un gestionnaire pragmatique et déterminé

Air France: Jean-Marc Janaillac, un gestionnaire pragmatique et déterminé
Jean-Marc Janaillac, le 27 juillet 2016 à ParisERIC PIERMONT

Le PDG d'Air France-KLM Jean-Marc Janaillac, dit "JMJ", gestionnaire pragmatique, discret et déterminé, a joué son va-tout en choisissant de mettre son poste dans la balance d'une négociation salariale ardue après 22 mois d'un mandat dédié au redressement.

Arrivé aux commandes du groupe en juillet 2016 à la suite de la démission d'Alexandre de Juniac, après une période de très fortes tensions au sein de l'entreprise, Jean-Marc Janaillac, un vieux routier du transport et du tourisme, a bâti sa stratégie de relance de la compagnie sur la "confiance", baptisant son plan de reconquête du trafic "Trust together" (confiance ensemble).

Longiligne, d'allure sobre, plutôt introverti, M. Janaillac, 65 ans, est arrivé chez Air France-KLM auréolé de sa réussite chez Transdev, une filiale de Veolia et de la Caisse des Dépôts spécialisée dans la gestion des services publics de transports (trains, trams, bus) qu'il a redressée en près de quatre ans.

Ses proches le décrivent comme un homme avec "une éthique personnelle incroyablement forte", "travailleur", "juste", "humaniste sincère", "efficace", "humble" et "persévérant".

"C'est un homme honnête, fondamentalement, qui a des valeurs et qui place l'intérêt de l'entreprise au cœur de son action", explique à l'AFP le président de la Fédération nationale de l'aviation marchande (Fnam) Alain Battisti.

"Derrière une grande amabilité, un grand respect de ses interlocuteurs, se cache une forte détermination", ajoute-t-il.

Et "il ne supporte pas la mauvaise foi", commente un de ses proches sous couvert d'anonymat. "C'est quelqu'un qui est fondamentalement libre. Il ne s'accrochera pas à un poste", ajoute-t-il.

Selon les syndicats, il reste à distance des négociations sociales.

- "Fondamentalement libre" -

"On le voit peu", commente Béatrice Lestic de la CFDT. "Il n'a pas envie de gérer les relations sociales", mais plutôt la stratégie d'Air France-KLM.

Mais "c'est toujours la position de Jean-Marc Janaillac qui au final l'emporte, c'est le patron (...) Rien ne se fait sans qu'il ait validé", ajoute-t-elle.

Passionné de littérature - il lit souvent plusieurs livres à la fois - de théâtre, d'opéra et d'architecture, ce natif du Périgord (sud-ouest) n'en est pas moins un redoutable gestionnaire et stratège.

En 2013, il avait engagé un plan de redressement de Transdev. Un an après, le groupe affichait des bénéfices, pour la première fois depuis sa fusion avec Veolia Transports en 2011. Le bénéfice avait plus que triplé en 2015.

Quelques mois après son arrivée au sein de la compagnie aérienne, en novembre 2016, Jean-Marc Janaillac avait présenté "Trust Together", avec pour mesure-phare la création d'une nouvelle compagnie. Elle a pris son envol un an plus tard sous le nom de Joon.

Parallèlement, il a renforcé le réseau d'alliances du groupe à travers des liens capitalistiques avec l'américaine Delta, la Britannique Virgin et China Eastern pour augmenter sa force de frappe sur les marchés concurrentiels d'Amérique du Nord et d'Asie.

Diplômé de HEC et ancien élève de l'ENA, "JMJ" est issu de la même promotion Voltaire que François Hollande.

Très impliqué dans le secteur du tourisme, Jean-Marc Janaillac a été directeur général du Service français du tourisme à New York entre 1984 et 1987.

Il a exercé des fonctions à la direction générale au sein du groupe de tourisme Maeva (2000-2002) et de la défunte compagnie aérienne AOM (1997-2000). Il a également été administrateur d'Air France de 1989 à 1994.

En 2004, il a été nommé directeur général du développement de la RATP, avant de devenir président du directoire de RATP Dev en 2010, dont il a fortement développé l'activité.

Son mandat à la tête d'Air France-KLM court jusqu'à l'Assemblée générale du groupe en 2019.

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