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Air France-KLM: la "méthode hostile" des Pays-Bas donne une "très mauvaise image" de l'Europe

Air France-KLM: la
Michel Sapin, ex-ministre de l'Economie de Hollande, affirme que la "méthode hostile" de l'Etat néerlandais dans sa prise de participation dans le capital d'Air France-KLM donne une "très mauvaise imERIC PIERMONT

Michel Sapin, ancien ministre de l'Economie de François Hollande, a affirmé jeudi que la "méthode hostile" de l'Etat néerlandais dans sa prise de participation dans Air France-KLM donnait une "très mauvaise image" de l'Europe.

Selon lui, "ce qui est frappant, choquant, violent, c'est la méthode" des Pays-Bas. "C'est une méthode hostile et boursière", entraînant "une détérioration très forte entre les autorités françaises et néerlandaises".

"Cela donne une très mauvaise image" de l'Europe, car "l'Europe doit être en capacité de créer et de conforter des grandes entreprises mondiales", a ajouté l'ancien ministre sur LCI, en insistant sur l'impératif de "trouver une porte d'entrée dans le dialogue".

Toutefois, "même la Hollande, petit pays, peut peser dans l'alliance Air France-KLM", a-t-il nuancé, appelant à ne "jamais être arrogant avec les autres sous prétexte que le pays serait petit, ne jamais penser que parce qu'on est la France on peut imposer ses volontés".

Pour le président LR du Sénat Gérard Larcher, "ce ne sont pas des méthodes entre deux gouvernements de l'Union européenne", et "cela traduit l'état de turbulences que traverse l'Europe". Mais on peut "comprendre le désir du gouvernement néerlandais" d'être au capital du groupe "à la même hauteur" que la France, a-t-il concédé sur franceinfo, jugeant "légitime" le souhait du gouvernement néerlandais d'être "autour de la table", car "KLM est la partie qui a dégagé l'essentiel des dividendes du groupe".

"Air France n'a pas affiché au cours des trois dernières années un spectacle très réjouissant pour KLM", a renchéri le député MoDem Jean-Louis Bourlanges sur France Inter, jugeant que "les Français devraient quand même faire preuve d'un petit peu de réserve".

Après le Brexit et la crise franco-italienne, cette nouvelle crise démontre que "tout un esprit de coopération, de bonne volonté, est en train de disparaître" en Europe, a-t-il aussi regretté.

La Haye a annoncé mardi avoir pris une participation de 12,68% dans Air France-KLM, avant de préciser mercredi soir avoir atteint son objectif en montant jusqu'à 14% du capital, soit une part équivalente à celle de l'Etat français (14,3%), et souhaiter s'arrêter là.

Paris, qui n'était pas informé de ce mouvement, a jugé l'opération "inamicale", Emmanuel Macron a demandé des clarifications à La Haye, et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire doit recevoir son homologue vendredi.

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