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Air France-KLM: turbulences autour du choix du futur PDG

Air France-KLM: turbulences autour du choix du futur PDG
Le syndicat de pilotes Spaf maintient la mobilisation pour réclamer une amélioration des salairesTHOMAS SAMSON

Sept semaines après le départ tonitruant du PDG d'Air France-KLM, la recherche d'un nouveau patron capable de fixer un cap au géant de l'aérien tourne au casse-tête, la candidature du directeur financier de Veolia suscitant des crispations.

Un collectif baptisé "Tous Air France", regroupant notamment des salariés, a assuré vendredi sur twitter que le comité de nomination, présidé par Anne-Marie Couderc, présidente non-exécutive de la compagnie, s'apprêterait à choisir Philippe Capron, directeur financier de Veolia, a mis le feu aux poudres.

La compagnie "a besoin d'un vrai spécialiste de l'aérien, un capitaine d'industrie", estimait le collectif appelant "la direction à revenir à la raison".

Devant la pagaille suscitée par ces fuites, le ministère de l'Economie et des Finances est intervenu dans le débat pour assurer que le groupe poursuivait ses travaux, que le processus de recrutement n'était "pas terminé" et le conseil d'administration pas saisi pour examiner les candidatures.

Dimanche, le ministre Bruno Le Maire, interrogé lors du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, a à son tour tenté de faire retomber la pression affirmant que M. Capron était "un candidat parmi d'autres".

Il a souligné que tous les actionnaires étaient concernés par ce choix, y compris l'américain Delta Airlines, le chinois China Airlines actionnaires aux côtés de l'Etat français qui détient 14,3% du capital.

"Ce n'est pas le fait du prince, le choix du président d'Air France, il faut de l'expérience, il (M. Chapron) fait partie des candidats, il n'est pas le seul", a expliqué M. Le Maire estimant que "juillet serait idéal" pour une désignation.

Du côté de la direction du groupe, aucune information n'a filtré.

Dans la foulée, un groupe de salariés -dont deux anciens dirigeants de syndicats de pilotes français et néerlandais- s'est à son tour manifesté dans une lettre, postée sur Twitter, adressée aux dirigeants.

"Une décision inappropriée du comité de nomination pourrait avoir des conséquences énormes", écrivent-ils. Ils mettent en avant la nécessité de faire face à la consolidation en cours du secteur de l'aérien et d'éviter le sort de la compagnie belge Sabena, déclarée en faillite en 2001, ou encore d'Alitalia, placée sous tutelle depuis mai 2017 et en quête de repreneurs.

- Un manager "expérimenté, reconnu" -

Mme Couderc avait annoncé que le choix du futur PDG devrait intervenir "dans l'idéal" avant le 15 juillet.

Elle avait décrit le profil idéal comme celui d'"un grand manager expérimenté, reconnu", "pas nécessairement spécialiste du transport aérien", avec "une forte dimension internationale" et "une parfaite connaissance et compréhension de la culture française".

Selon la version en ligne de La Tribune, Marc Rochet, l'ancien PDG d'Air Caraïbes, aujourd'hui président de French Bee, Bruno Matheu, ancien directeur général délégué d'Air France avant de partir chez Etihad ont "été entendus par l'un des deux cabinets de chasseurs de têtes mandatés par Air France-KLM, mais pas par le comité de nomination".

Selon le journal Les Echos, la branche néerlandaise du groupe n'est pas en reste dans la vague de mécontentement. Le conseil d'administration de KLM a écrit à Mme Couderc, "pour se plaindre du manque d'informations entourant le processus de recrutement du futur PDG d'Air France-KLM" et réclamer une réforme de la gouvernance du groupe.

En attendant, la question du nom du futur PDG pourrait s'inviter à l'ordre du jour du comité stratégique du groupe qui doit se réunir mardi et mercredi à Amsterdam.

Le patron d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, arrivé à l'été 2016, avait démissionné le 4 mai, conformément à son engagement, à la suite d'une consultation du personnel sur un accord salarial, rejeté à 55,44%.

Quinze journées de grève entre fin février et début mai ont coûté entre 300 et 350 millions d'euros à la compagnie, dans un contexte ultra concurrentiel avec des compagnies du Golfe très agressives sur les prix et l'émergence de low-cost long-courrier sur fond de consolidation accélérée du secteur.

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