Air France: l'intersyndicale exhorte la direction à dialoguer

Air France: l'intersyndicale exhorte la direction à dialoguer
L'intersyndicale d'Air France a affiché vendredi sa volonté de dialoguer avec la direction sur l'épineuse question d'une hausse salariale, éloignant la perspective d'une grève après avoir un temps meThomas SAMSON

L'intersyndicale d'Air France a affiché vendredi sa volonté de dialoguer avec la direction sur l'épineuse question d'une hausse salariale, éloignant la perspective d'une grève après avoir un temps menacé de durcir le mouvement face à des négociations au point mort.

"L'intersyndicale cherche toujours une résolution rapide du conflit" et "ne pose pas de préavis de grève aujourd'hui", a indiqué à l'AFP Christophe Malloggi, de FO Air France, après une réunion organisée à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis).

Fin août, l'intersyndicale, composée d'organisations de pilotes (SNPL et Alter), d'hôtesses et de stewards (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD), s'était dite prête à "un fort durcissement du conflit".

Mais en l'absence d'interlocuteur, le groupe Air France-KLM attendant toujours l'entrée en fonction de son nouveau directeur général, l'intersyndicale a choisi de temporiser.

"On ne veut pas se laisser entraîner dans la surenchère", explique M. Malloggi.

"On cherche le dialogue", confirme Jérôme Beaurain de Sud-Aérien, pour qui "la grève n'est pas une fin en soi".

Contactée par l'AFP, une porte-parole d'Air France n'a pas souhaité faire de commentaire.

-"Consternés"-

Le mécontentement, alimenté par l'annonce mardi d'une hausse de salaires accordée aux pilotes de KLM, n'a pas faibli pour autant.

"Les salariés d'Air France sont consternés par le climat dans l'entreprise et par ce qui s'y passe", souligne Philippe Evain, président du syndicat de pilotes SNPL Air France, interrogé par l'AFP.

"On voit bien que pour les pilotes de KLM, la négociation et la conclusion d'un accord est possible (...) et que pour la partie française, rien ne se passe, tout est bloqué, tout est figé", regrette-t-il, jugeant cette "différence de traitement incompréhensible".

L'accord chez KLM, trouvé deux jours avant l'ultimatum fixé par le syndicat néerlandais VNV qui menaçait de faire grève, prévoit un allègement de la charge de travail des pilotes ainsi qu'une augmentation des salaires de 4%, selon VNV et une lettre adressée par le patron de KLM aux salariés de la compagnie.

"On voit qu'il n'y a aucune énergie de la part de la direction pour faire en sorte qu'on aboutisse", estime M. Evain, qui dénonce le "mépris de la direction". "Il y a un conflit, il faut le régler", tranche-t-il.

-Verrou-

"On demande juste un rattrapage" des salaires, rappelle Jérôme Beaurain, de SUD-Aérien.

L'intersyndicale réclame toujours une augmentation générale de 5,1% des salaires correspondant à l'inflation sur la période 2012-2017, une revendication qui l'avait amenée à faire 15 jours de grève entre le 22 février et le 8 mai.

Ces dernières ont coûté 335 millions d'euros, un impact récemment qualifié de "majeur" par le directeur financier du groupe, Frédéric Gagey.

Le mouvement avait été suspendu après la démission du PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, désavoué par le personnel lors d'une consultation sur un accord salarial lancée à son initiative.

Fin juillet, l'intersyndicale avait prévenu qu'avec ou sans nouveau patron, le conflit pour les salaires reprendrait en septembre.

Depuis, un nouveau directeur général, le Canadien Ben Smith, a été nommé mais il n'a pas encore pris ses fonctions. En attendant son arrivée prévue pour fin septembre au plus tard, aucune négociation n'a lieu sur les salaires, même si des accords sur la qualité de vie au travail de certains personnels d’Air France ont été signés au cours de l'été.

"Le conseil d'administration d'Air France-KLM n'a pas donné mandat au management d'Air France pour négocier autour de la revendication salariale de l'intersyndicale d'Air France (+5,1%), celle-ci n'étant pas compatible avec la stratégie d'investissement et de croissance qu'il a fixée pour la compagnie", a justifié la direction.

"Vu le blocage parmi les dirigeants d'Air France, on attend de Ben Smith qu'il fasse sauter ce verrou", explique Philippe Evain.

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