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Air France: la grève pour les salaires va se prolonger

Air France: la grève pour les salaires va se prolonger
Air France: "la mobilisation doit s'accentuer", nouvelles grèves "début mai", selon l'intersyndicaleTHOMAS SAMSON

Pas d'apaisement chez Air France. Après déjà neuf jours de grève pour les salaires, et deux à venir la semaine prochaine, de nouvelles dates sont promises "début mai" par l'intersyndicale, qui appelle à "accentuer" la mobilisation.

Ce conflit, qui a déjà coûté 220 millions d'euros à la compagnie aérienne selon elle, se finira-t-il à l'usure ? La réponse, jeudi, de l'intersyndicale à "l'ultimatum" de la direction sur un projet d'accord final donne le ton.

"Notre action commence à porter ses fruits, il faut persévérer. La mobilisation doit donc encore s'accentuer", écrit l'intersyndicale dans un tract aux salariés, en avertissant qu'elle annoncera la semaine prochaine "les jours de grève prévus début mai".

Air France a "déploré" l'appel à la poursuite du mouvement, qui a encore entraîné, mercredi comme mardi, l'annulation de 30% des vols. Deux nouvelles journées sont programmées lundi et mardi prochains. "Chaque jour de grève supplémentaire dégrade encore la situation économique" de la compagnie, "met à mal la confiance de ses clients et accentue la pression sur ses personnels majoritairement non grévistes", souligne la direction dans une déclaration à l'AFP.

Depuis février, la compagnie et onze syndicats, tous métiers confondus (pilotes, hôtesses et stewards, agents au sol) sont engagés dans un bras de fer.

- "Retour à meilleure fortune" -

Après des années de gel des augmentations générales et d'efforts, avec le plan de restructuration "Transform", les salariés réclament leur part des bons résultats de la compagnie, le "retour à meilleure fortune promis", comme le note la CGT.

Soit une augmentation des grilles de 6% au titre de l'inflation sur la période 2012-2018, les pilotes demandant 4,7% supplémentaires.

Lundi, après trois jours de négociations, l'intersyndicale avait fait une proposition revue à la baisse, à 5,1% en deux temps (+3,8% en avril et +1,3% en octobre). Une offre "qui aurait permis une sortie de conflit", souligne-t-elle.

"Irréaliste", a encore répété jeudi la direction, pour qui cela "reviendrait à annuler" les efforts engagés depuis 2011.

De son côté, Air France a mis lundi sur la table un accord pluriannuel prévoyant une augmentation de 2% immédiatement, contre 1% en deux temps initialement prévu pour 2018, et une hausse de 5% sur la période 2019-2021. Il est soumis à signature jusqu'à vendredi midi.

- "Loin du compte" -

Cet accord "n'obtiendra pas l'adhésion" d'une majorité de syndicats, prévient l'intersyndicale. Elle dénonce une "manoeuvre" pour "amputer les augmentations des futures années en faisant croire à un rattrapage des six dernières".

Depuis lundi, les propos des uns et des autres laissaient augurer de cette position.

"Ils se moquent de nous" avec des mesures qui "verrouilleront les NAO (négociations annuelles obligatoires, ndlr)", avait dit à l'AFP Grégoire Aplincourt, président du Spaf, deuxième syndicat de pilotes. "On ne s'est pas battus jusque-là" pour ça.

Cet accord "n'apporte aucun rattrapage", "on est loin du compte", avait abondé Marc Saladin (Unsa Aérien), se disant "prêt à discuter" si des négociations "se réengagent"

La direction propose un accord pluriannuel alors qu'"on demande à traiter le passif, la perte cumulée de pouvoir d'achat", "avant de traiter l'avenir", avait insisté Vincent Salles (CGT). Elle va "au rapport de forces", avec un accord pluriannuel dont "on ne voulait pas", avait averti Karim Taïbi (FO).

Pour Jérôme Beaurain (SUD Aérien), en ne "(cherchant) pas la voie de la négociation", la direction "porte la responsabilité de la durée de cette grève et des pertes associées".

"Comment sort-on" d'une telle situation, se demande Béatrice Lestic, représentante de la CFDT, signataire comme la CFE-CGC de l'accord initial en février, et qui n'appelle pas à la grève.

Face à des positions qui lui semblent "assez irréconciliables", ce qu'elle redoute, c'est surtout "une fracture" entre grévistes et non grévistes.

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