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Algues vertes: "On n'est pas du tout à la hauteur des enjeux"

Algues vertes:
Delphine Batho et Yannick Jadot à St Brieuc le 24 juillet 2019LOIC VENANCE

La lutte contre les algues vertes "n'est pas du tout à la hauteur des enjeux", a estimé jeudi le député européen (EELV) Yannick Jadot en visite avec la députée Delphine Batho à Saint-Brieuc, où l'unique plage est fermée à cause de cette pollution.

"On n'est pas du tout à la hauteur des enjeux", a déclaré Yannick Jadot, approuvé par sa collègue Delphine Batho (Génération Écologie) face au fond de la baie pollué depuis des semaines par les algues vertes.

"Il faut un changement complet du modèle agricole (...) On ne peut pas dire que +rien n'a été fait+ mais on ne peut pas dire non plus +ce problème sera résolu dans 10 ans, dans 20 ans+", a renchéri Mme Batho.

"La solution existe. Ce qui est aberrant, c'est de continuer à mettre de l'argent là où ça nous fait du mal plutôt que là où ça nous fait du bien", a poursuivi M. Jadot, reprochant au gouvernement de soutenir "le béton", à travers les aides au financement de bâtiments d'élevage industriel, plutôt que "le bio". "Il faut que l'argent public serve à accompagner nos agriculteurs dans la sortie de ce modèle", a-t-il dit.

Le député européen, comme sa collègue de l'Assemblée nationale, a souligné "l'enjeu considérable de la PAC" (Politique agricole commune), actuellement en négociation, et la nécessité de peser pour que les orientations retenues aillent dans le sens d'un soutien à une agriculture respectueuse de l'environnement.

Delphine Batho a également dénoncé la suppression des enquêtes publiques, notamment en matière d'élevages, en vertu d'un décret de décembre dernier: "C'est une honte de supprimer les enquêtes publiques, on va encore aggraver l'ampleur de ce problème" des algues vertes, a-t-elle estimé.

Greenpeace a déposé un recours devant le Conseil d'Etat contre ce décret, qui vise officiellement à simplifier les procédures administratives et qui est en vigueur à titre expérimental dans deux régions, dont la Bretagne.

Les deux élus ont également exprimé leur solidarité envers la famille d'un homme, mort en 2016 alors qu'il effectuait son jogging sur des grèves polluées par les algues vertes en décomposition. Cette famille vient de saisir la justice administrative.

Présentes dans la mer à l'état naturel, les algues vertes deviennent un problème lorsqu'elles prolifèrent à cause des nutriments charriés par les rivières et provenant pour l'essentiel de l'agriculture. Quand elles se décomposent, ces algues émettent un gaz extrêmement toxique, qui peut être mortel.

Un deuxième Plan de lutte contre les algues vertes est en œuvre depuis 2017. Il préconise de nouvelles pratiques que les agriculteurs des bassins versants concernés sont invités à mettre en œuvre sur une base volontaire et non obligatoire.

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