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Après l'Afrique du Sud, la Namibie veut engager une réforme agraire

Afrique du Sud

(Belga) La Namibie va imiter son grand voisin d'Afrique du Sud en engageant une réforme agraire qui autorisera les expropriations afin de corriger les inégalités foncières héritées de son époque coloniale, a annoncé dimanche son président, Hage Geingob.

Le pays tiendra du 1er au 5 octobre une grande conférence nationale sur la terre afin de faire avancer cette question politiquement toujours très sensible près de trente ans après son indépendance (1990). "Je crois que nous, Namibiens, devons avoir ces conversations difficiles, dans le but de trouver des solutions durables, aux défis de l'inégalité et de la privation de terres", a déclaré M. Geingob lors d'une cérémonie commémorant les héros du pays. Selon le chef de l'Etat, la conférence doit notamment examiner la politique de redistribution sur la base du volontariat, les demandes de restitution des terres ancestrales, l'expropriation dans l'intérêt public avec une juste indemnisation et la réforme de la propriété urbaine. "Si nous ne corrigeons pas les erreurs du passé par des mesures appropriées, notre paix ne sera pas durable", a plaidé Hage Geingob dans son discours. Son annonce intervient alors qu'un projet de réforme agraire suscite depuis des mois de vives tensions en Afrique du Sud voisine, où le gouvernement veut autoriser les expropriations sans indemnisation pour corriger "l'injustice historique" de l'apartheid. Un quart de siècle après la chute du régime raciste, plus des deux tiers des terres agricoles sont toujours aux mains de la minorité blanche (8% de la population). La Namibie fut une colonie allemande de 1884 à 1915, avant que l'Afrique du Sud de l'apartheid ne prenne le contrôle du pays jusqu'à son indépendance en 1990. Son nouveau gouvernement a alors engagé une politique de transfert des terres sur la base du volontariat des propriétaires qui n'a eu que peu d'effets. Il y a deux ans, les autorités avaient indiqué que la quasi-totalité des terres agricoles étaient encore détenues par des étrangers, Allemands ou Sud-Africains. M. Geingob a toutefois rappelé son refus catégorique des évictions forcées des terres détenues par les Blancs. En avril dernier, la Namibie avait renoncé, faute de moyens, à un projet de loi imposant aux entreprises opérant dans le pays d'ouvrir au moins un quart de leur capital à des investisseurs noirs. (Belga)

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