En ce moment
 

Arbitrage: le procès de Bernard Tapie pour "escroquerie" s'est ouvert à Paris

Arbitrage: le procès de Bernard Tapie pour
Bernard Tapie lors d'une conférence à Liège le 27 septembre 2018 Emmanuel DUNAND

Le procès de Bernard Tapie pour "escroquerie", dans l'affaire de l'arbitrage frauduleux qui lui avait attribué 403 millions d'euros en 2008 pour solder son vieux litige avec le Crédit Lyonnais, s'est ouvert lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris.

L'homme d'affaires et patron du groupe de médias La Provence, qui lutte à 76 ans contre un cancer de l'estomac, n'a fait aucune déclaration à son arrivée au tribunal.

Costume bleu sombre et chevelure blanche, M. Tapie s'est discrètement installé dans la 11e chambre correctionnelle du tribunal, après avoir soigneusement évité les caméras.

Dans la salle, il a interpellé les journalistes présents au premier rang, évoquant "une belle brochette". "Ils sont tous là", s'est-il exclamé, alors que l'un de ses avocats Hervé Temime tentait de le retenir.

Appelé à la barre par la présidente Christine Mée, Bernard Tapie décline son identité. "Vous avez déclaré comme profession: acteur", demande la présidente.

L'ancien patron de l'Olympique de Marseille doit être jugé pendant quatre semaines pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics". Il encourt sept ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende.

Cinq hommes comparaissent à ses côtés: son ancien avocat Maurice Lantourne, le patron d'Orange Stéphane Richard, directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde à l'époque des faits, l'un des trois arbitres ayant rendu la sentence frauduleuse, Pierre Estoup, et les deux ex-dirigeants des entités chargées de gérer le passif du Crédit Lyonnais, Jean-François Rocchi et Bernard Scemama.

Ils sont renvoyés pour "complicité de détournement de fonds publics" et pour "escroquerie" ou "complicité d'escroquerie", accusés d'avoir mis en place un arbitrage qu'ils savaient favorable à l'homme d'affaires. L'ancien ministre de Pierre Bérégovoy s'était vu octroyer en 2008 quelque 400 millions d'euros - dont 45 au seul titre du "préjudice moral" - grâce à ce règlement privé utilisé pour mettre un terme au conflit né quinze ans plus tôt de la revente de l'équipementier sportif allemand Adidas.

La sentence arbitrale a depuis été annulée pour "fraude" et Bernard Tapie est condamné à rembourser les sommes perçues, qui font elles aussi l'objet d'âpres batailles procédurales. Pour les créanciers, la dette s'élève désormais, avec les intérêts, à près de 525 millions d'euros.

Vos commentaires