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Asie: expansion des hélicoptères-taxis version Uber

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Des services d'hélicoptères-taxi réservés via une application sur smartphone, sur le modèle d'Uber, connaissent un essor croissant dans les grandes métropoles au trafic congestionné auprès d'une clientèle aisée, en particulier en Asie.

A Bangalore, ville de plus de 12 millions d'habitants dans le sud-est de l'Inde, Agostino Fernandes survole ainsi la cité et rejoint l'aéroport international de Kempegowda en moins d'une demi-heure -- le quart du temps de trajet qu'il faut en général par la route.

"C'est beaucoup mieux que la voiture habituelle ou le taxi car cela permet de gagner du temps. Et pour une ville comme Bangalore, qu'on appelle la capitale verte en raison de ses parcs et jardins, on a une belle vue" aérienne, déclaré cet habitant à l'AFP.

De New York à Jakarta, en passant par Bangalore, de tels services se sont considérablement développés ces dernières années dans les villes très embouteillées.

L'Asie du Sud-Est et ses métropoles envahies d'automobiles représentent un "important laboratoire d'essai", explique Sameer Rehman, directeur général de Bell Helicopter, qui fournit des aéronefs à la société Helicity.

"Cela peut être reproduit dans d'autres villes et pays d'Asie-Pacifique", a déclaré M. Rehman à l'AFP à Singapour.

Un service similaire a été lancé récemment à Jakarta, l'une des villes les plus embouteillées au monde. Helicity, qui coopère avec Whitesky Aviation, a désormais 60 clients par mois, la plupart effectuant des déplacements professionnels.

Elle offre des trajets du centre-ville à l'aéroport international Soekarno-Hatta en 20 minutes pour six millions de roupies (350 euros). Nettement plus qu'une course en taxi qui coûte en moyenne de 16 à 24 euros, mais le gain de temps est énorme. En voiture, le trajet peut prendre de une à quatre heures.

- Prix prohibitifs -

Les prix des déplacements en hélicoptère restent cependant hors d'atteinte pour la plupart des habitants de Jakarta, où le salaire minimum est d'un peu plus de 200 euros par mois.

A Sao Paulo, la plus grande métropole d'Amérique du Sud connue également pour ses embouteillages monstres, l'application Voom offre des courses en hélicoptère-taxi à des prix plus avantageux. Un déplacement depuis une banlieue de la ville jusqu'à l'aéroport en neuf minutes coûte environ 120 euros pour une personne, soit 10 fois moins que par le passé.

A New York, la société Blade propose aussi des transferts rapides de la ville aux aéroports à la périphérie.

Cependant, les acteurs de cette industrie estiment que la réglementation stricte et le manque d'infrastructures constituent un frein majeur au développement de ces services.

A Jakarta, les cinq hélicoptères de Helicity peuvent survoler la capitale indonésienne seulement de 06H00 du matin à 06H00 du soir, quand il fait jour.

"Nous sommes sur le point d'obtenir davantage d'heures de service, de manière à pouvoir circuler 24 heures sur 24, sept jours sur sept", déclare à l'AFP le patron de Whitesky Aviation, Denon Prawiraatmadja.

La société a d'importants projets de développement. En 2016, elle a signé accord avec Bell pour l'acquisition de 30 hélicoptères. Elle va en recevoir deux par an.

Autre problème, la sécurité des héliports, qui se sont multipliés dans certaines villes d'Asie. Nombre d'entre eux ne sont pas certifiés comme sûrs par les autorités aériennes.

Malgré la popularité des hélicoptères-taxis, il est peu probable que le nombre d'aéronefs dans le ciel augmente beaucoup, dans la mesure où les prix vont rester très élevés comparés à d'autres formes de transport, relèvent des experts.

Une autre incertitude pour cette industrie naissante concerne les contrôles de sécurité et le type de passagers, observe Saj Ahmad, analyste à StategicAero Research.

"Va-t-il y avoir davantage de contrôles de sécurité? Quels types de passagers vont être autorisés sur ces vols?".

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