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Les voitures de luxe Aston Martin veulent rugir à la Bourse de Londres

Les voitures de luxe Aston Martin veulent rugir à la Bourse de Londres
L'entrée d'Aston Martin à la Bourse de Londres pourrait valoriser l'entreprise 5 milliards de livres, selon la presseFABRICE COFFRINI

Prisé par James Bond, le constructeur des voitures de sport Aston Martin voudrait aussi plaire à la Bourse de Londres où il prévoit d'entrer prochainement, la presse évoquant une valorisation de 5 milliards de livres.

Le groupe britannique a dévoilé dans un communiqué mercredi matin les très grandes lignes de son projet d'entrée sur le marché, dont il fournira les détails autour du 20 septembre.

Il devrait consister notamment en la vente d'actions de la part de ses actuels propriétaires, le fonds italien Investindustrial et des investisseurs koweïtiens. Le constructeur allemand Daimler, qui possède 4,9% des parts, devrait rester actionnaire.

Le groupe prévoit de mettre sur le marché au moins un quart de son capital et s'attend à ce que son action intègre les principaux indices de la Bourse de Londres - au moins le FTSE 250 voire l'indice vedette FTSE 100.

La presse britannique a rapporté dernièrement qu'Aston Martin espérait tirer un milliard de livres de ce placement (1,1 milliard d'euros), ce qui pourrait la valoriser entre quatre et cinq milliards de livres (entre 4,4 et 5,5 milliards d'euros).

Cette entrée sur le marché représenterait la plus marquante dans le secteur automobile depuis celle du constructeur de prestige Ferrari à la Bourse de Milan le 4 janvier 2016. La valeur de l'action de la marque au cheval cabré a plus que doublé depuis.

Après des difficultés en début de décennie, Aston Martin se porte mieux depuis quelques années et a annoncé mercredi une hausse de 8% de son chiffre d'affaires lors des six premiers mois de 2018, à 445 millions de livres, ainsi qu'une progression de 14% de son bénéfice brut d'exploitation (Ebidta), à 106 millions de livres.

Le constructeur a évoqué de bonnes ventes de sa voiture de sport moderne Vanquish Zagato et du modèle plus classique DB4 GT.

En 2017, le constructeur est revenu dans le vert pour la première fois depuis 2010, vendant plus de 5.000 véhicules, un record depuis 2008. Cette année, il prévoit de produire entre 6.200 et 6.400 voitures et veut approcher la barre des 10.000 dès 2020.

Ses voitures se sont vendues au prix moyen de 167.000 livres au premier semestre (184.000 euros).

- De 'Goldfinger' à 'Spectre' -

Aston Martin est dirigée depuis 2014 par Andy Palmer, l'ex-bras droit de Carlos Ghosn chez Nissan. Sous sa houlette, le constructeur a lancé avec succès un nouveau modèle coupé DB11 et annoncé le développement d'un premier SUV et le passage aux technologies hybrides et électriques dans le courant de la prochaine décennie.

Interrogé sur la BBC sur l'opportunité d'entrer en Bourse au moment où le Brexit approche, M. Palmer a répondu: "L'avantage d'être une marque de luxe est que nous sommes relativement imperméables à ce genre d'événement". Le secteur s'inquiète d'éventuels droits de douane qui toucheraient les voitures et pièces détachées aux frontières du Royaume-Uni et de l'UE.

M. Palmer a néanmoins concédé qu'Aston Martin stockait davantage de moteurs fabriqués en Allemagne pour parer à toute complication administrative après le Brexit.

Fondé en 1913 par deux associés dans un atelier londonien, Aston Martin a gagné ses lettres de noblesse en participant très tôt à la compétition automobile. Andy Palmer a d'ailleurs évoqué au printemps la possibilité d'une arrivée du constructeur en Formule 1 après 2020 en tant que motoriste. Le groupe est actuellement sponsor de l'écurie Red Bull.

Son prestige a grandi grâce à plusieurs films de la série James Bond, au cours desquels Sean Connery (Goldfinger, 1964) ou encore Daniel Craig (Spectre, 2015) ont piloté des modèles Aston Martin.

Le constructeur produit ses voitures exclusivement en Angleterre, notamment à Gaydon (centre) où il est basé ainsi que sur deux autres sites. Il prévoit d'ouvrir une nouvelle usine au Pays de Galles au premier semestre 2019.

L'annonce de mercredi constitue aussi une bonne nouvelle pour la Bourse de Londres, au moment où les doutes se renforcent autour d'une possible mise sur le marché du géant pétrolier public saoudien Aramco, dont le marché londonien espérait récupérer une part du gâteau.

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