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Au Mans, affrontements et dialogue de sourds avec les forains

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Caravane en feu, blocage des voies SNCF, échauffourées : de vives tensions ont opposé forces de l'ordre et forains lundi au Mans, ces derniers réclamant de continuer à travailler dans le centre-ville, la mairie refusant de son côté toute discussion "sous la pression ou la violence".

Dès 09H00, pour la 4e journée de mobilisation, de violents affrontements ont éclaté près de la mairie obligeant les forces de l'ordre à faire usage de tirs de gaz lacrymogènes, a constaté un photographe de l'AFP.

Environ 500 forains se sont rendus dans le centre-ville avant d'être repoussés par les gendarmes mobiles positionnés autour de la mairie.

Casqués, masqués, cagoulés, les manifestants sont venus munis de battes de baseball, de barres de fer, de frondes et de masques à gaz.

La situation a rapidement dégénéré en échauffourées: des manifestants ont enflammé une caravane qu'ils ont jetée en direction des forces de l'ordre qui ont tiré des grenades de désencerclement pour les disperser.

Au terme d'une demi-heure de bataille rangée avec les gendarmes, la place de la mairie baignait dans une épaisse fumée noire et un nuage de lacrymogène. Un manifestant a été blessé à la jambe dans les affrontements, a constaté l'AFP.

La mairie du Mans a de nouveau dû être évacuée.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a évoqué sur Twitter "des attaques d'une violence inouïe". "Rien ne saurait justifier les exactions commises ce matin au Mans (...) Soutien aux policiers et gendarmes mobilisés. Ils ont toute ma confiance", a réagi M. Castaner.

Un manifestant a été placé en garde à vue et devait être remis en liberté dans la soirée de lundi, selon le procureur du Mans Fabrice Bélargent, qui a précisé à l'AFP qu'il serait jugé "en juillet pour des faits de rébellion en réunion".

Les forains protestent contre une nouvelle implantation de leurs manèges à la périphérie du Mans. Refusant une proposition du maire qui prévoyait d'organiser une "fête foraine hors du périmètre du centre-ville", ils avaient annoncé leur intention de paralyser lundi la ville du Mans.

- "Ne pas céder à la violence" -

"C'est un mouvement national, on nous refuse les centres-villes et on ne veut pas travailler à l'extérieur. On ne veut pas que ça devienne une généralité", a déclaré à l'AFP Nicolas Badin, forain depuis 25 ans.

"On ne demande pas un euro, on demande le droit à travailler et à donner du plaisir à vos enfants", a déclaré à l'AFP Norman Bruch, du syndicat des forains Cidunati. "Si on enlève votre salaire du jour au lendemain, vous ne seriez pas content", a souligné M. Bruch, assurant qu'il tentait "de calmer la troupe".

"On veut régler l'avenir de la fête foraine pour signer un compromis, on est prêt à renégocier", a assuré ce forain.

Les forains proposent à la municipalité un accord comme à Pau où une convention forains-mairie en octobre, leur a permis de revenir en centre-ville, avec une charte stricte concernant la bonne occupation des lieux.

"Il n'y aura pas de discussions sous la pression ou la violence", a rétorqué le maire du Mans, le socialiste Stéphane Le Foll, dénonçant une "violence insurrectionnelle inacceptable".

"On ne peut pas accepter que des élus soient menacés. Que la mairie ait été évacuée deux fois. Il y a des conditions dans lesquelles le dialogue n'a plus sa place", a ajouté l'ancien ministre au cours d'une conférence de presse.

La présidente (LR) de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais, par ailleurs conseillère municipale du Mans, a apporté son soutien à M. Le Foll. "Il doit évidemment tenir bon et ne pas céder face à ce chantage insupportable à la violence. Car on ne peut pas tolérer que systématiquement, au moindre désaccord, des minorités violentes bloquent et paralysent tout, au détriment d’une majorité silencieuse", a-t-elle affirmé dans un communiqué de presse.

Comme ils l'avaient déjà fait vendredi, une centaine de manifestants ont bloqué l'autoroute A11 et ont envahi la gare du Mans à deux reprises.

Ils se sont assis sur les voies, bloquant la circulation des trains, en agitant un drapeau tricolore. Des panneaux clamaient "c'est la fête" avec la photo d'un manège ou "je ne veux pas perdre ma vie à la gagner".

jfm-gvy-lg-aag-mas/db/mm

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