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Avec 300 Airbus, la Chine finalise une commande très attendue à Paris

Avec 300 Airbus, la Chine finalise une commande très attendue à Paris
Le président chinois Xi Jinping (g) applaudit la signature d'un accord commercial entre le président d'Airbus Guillaume Faury (d) et le patron de la China Aviation Supplies Holding Compagny (CASC) JiYoan VALAT
Chine

Un total de 290 Airbus A320 et 10 A350: le contrat signé lundi entre la centrale étatique chinoise CASC et l'avionneur européen concrétise une commande attendue depuis des années, et particulièrement bienvenue à l'heure où le grand rival Boeing connaît des difficultés.

L'accord commercial, signé à l'occasion de la visite du président chinois Xi Jinping en France, est finalement nettement plus important que ce qu'avait annoncé Emmanuel Macron il y a plus d'un an.

Lors d'un déplacement en Chine, en janvier 2018, le chef de l'Etat français avait assuré que la deuxième économie mondiale se préparait à commander 184 moyen-courriers de la famille des A320, destinés à 13 compagnies chinoises, avec une finalisation à attendre "sous peu".

Aucun montant n'a été dévoilé mais au prix catalogue 2018, la transaction représente 35 milliards de dollars, soit environ 30 milliards d'euros.

Si elle a tardé à se confirmer, cette commande de la China Aviation Supplies Holding Company (CASC), qui acquiert les appareils pour le compte de compagnies chinoises, dépasse donc les espérances.

"La conclusion d'un grand contrat pour Airbus est une avancée importante et un excellent signal de la force des échanges" entre la Chine et la France, a commenté le président Emmanuel Macron, saluant "un partenariat exemplaire aussi en matière de rééquilibrage de nos échanges économiques et commerciaux", lors de la signature du contrat, au cours d'une cérémonie à l'Elysée.

L'accord a été paraphé par Guillaume Faury, le président d'Airbus Commercial Aircraft et futur patron d'Airbus, et Jia Baojun, président de CASC.

- "Signe fort de confiance" -

"C'est un contrat d'une dimension très importante. C'est un signe fort de confiance sur le long terme de la part de nos partenaires chinois", a déclaré M. Faury après la signature, se félicitant de "la confiance qui est renouvelée aujourd'hui".

"Ces appareils vont être construits, soit en Europe soit en Chine, dans la chaîne d'assemblage de Tianjin. Ce seront très majoritairement des appareils de la famille Neo" (moins gourmande en carburant), a-t-il précisé.

La commande survient au moment où Boeing, le grand rival américain d'Airbus, traverse une passe difficile avec l'immobilisation de son moyen-courrier 737 MAX après deux accidents ayant fait 189 (compagnie Lion Air) et 157 morts (Ethiopian Airlines), en l'espace de quelques mois seulement.

Pékin qui avait fait partie des premiers pays à clouer au sol les appareils, envisagerait d'exclure les commandes de Boeing 737 Max d'un éventuel accord avec Washington, selon Bloomberg News.

Les 737 MAX faisaient en effet partie d'une liste provisoire des produits que Pékin pourrait importer davantage afin de réduire son excédent commercial avec les Etats-Unis, selon des sources proches du dossier citées par l'agence financière.

Boeing et Airbus se disputent âprement le marché aéronautique chinois, deuxième mondial et qui devrait devenir vers le milieu des années 2020 le premier devant les Etats-Unis, selon l'Association internationale du transport aérien (IATA).

Boeing a ouvert l'an dernier en Chine un centre de finition destiné à l'aménagement de ses moyen-courriers. Le premier appareil sorti de cette structure, en décembre, était un 737 MAX.

Et sur les 350 exemplaires du 737 MAX livrés avant fin janvier par le constructeur américain, environ 20% ont été livrés à des compagnies aériennes chinoises.

Fin janvier 2019, la flotte Airbus en service auprès des opérateurs chinois comptait quelque 1.730 appareils, dont 1.455 moyen-courriers de la famille A320 et 17 long-courriers de la famille A350 XWB, le dernier-né de la gamme Airbus.

Selon l'avionneur, la Chine aura besoin de 7.400 avions passagers et cargos neufs au cours des 20 prochaines années, ce qui représente plus de 19% de la demande mondiale.

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