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Avec le street art, l'Hôtel Drouot se lance dans les ventes sans enchères

Avec le street art, l'Hôtel Drouot se lance dans les ventes sans enchères
En organisant à Paris, de jeudi à dimanche, la première foire internationale dédiée aux arts urbains, l'Hôtel Drouot se transformera en gigantesque galerie éphémère JOEL SAGET

A l'occasion d'une odyssée inédite dans le street art, l'Hôtel Drouot, plus ancienne maison de ventes aux enchères au monde, va se lancer pour la première fois depuis sa création en 1852, dans les ventes d’œuvres d'art... sans enchères.

En organisant à Paris, de jeudi à dimanche, la première foire internationale dédiée aux arts urbains, Drouot se transformera en gigantesque galerie éphémère en accueillant des marchands, en lieu et place des habituels commissaires-priseurs et du verdict de leurs marteaux d'ivoire.

Présentées sur plus de 4.500 m2 en réunissant les seize salles de ventes de Drouot sur trois niveaux, quelque 500 œuvres de 90 artistes dont la crème du street art (Banksy, Invader, Fairey, Seth, C215...) seront exposées et proposées à la vente à prix fixe par des marchands parmi les plus représentatifs de cette scène artistique.

Seules 20 œuvres seront dispersées aux enchères dimanche en fin d'après-midi, lors de la clôture de l'événement intitulé "District 13 Art Fair" qui réunira 23 galeries et marchands d'art, français et étrangers, dont Itinerrance (Paris), Backside Gallery (Marseille), Avenue des Arts (Los Angeles), Dorothy Circus (Rome et Londres) et Galeria Lira (Chili).

"C'est la première fois que Drouot, institution des ventes publiques en France, fait venir des marchands et galeristes pour vendre directement des œuvres", a indiqué à l'AFP Olivier Lange, directeur général de Drouot.

"Drouot évolue, tout en restant le carrefour du marché de l'art en France. Aujourd'hui, il n'y qu'un seul marché. Il faut arrêter de différencier les professionnels. Il n'y a plus de distinction entre ventes aux enchères, galeristes et marchands d'art", a ajouté M. Lange.

-Œuvres de 60 à 350.000 euros--

"District 13 Air Fair" promet de refléter tous les courants de l'art urbain, de ses racines à aujourd'hui. Cette première foire est un prolongement inédit de projets hors les murs présentés ces dernières années, notamment dans le 13e arrondissement de Paris.

En 2013, 80 artistes graffeurs de seize pays ont eu quartier libre, du sol au plafond, dans une tour d'habitation avant sa démolition, à l'initiative d'un galeriste parisien, Mehdi Ben Cheikh, maître d’œuvre de "District 13 Art Fair".

En attendant les bulldozers, 30.000 visiteurs avaient découvert ces œuvres éphémères dans les 36 appartements, composant la plus grande expo de street art du monde.

"Nous mobilisons à Paris les artistes les plus importants de la planète, pour montrer que c'est bien ici que les choses se passent et pas ailleurs", explique Mehdi Ben Cheikh.

Si la pièce la plus chère sera une œuvre originale de Banksy à 365.000 euros, des lithographies et des sérigraphies numérotées et signées seront proposées dès 60 euros. Des conférences et des masterclass d'artistes dont Shepard Fairey et Inti sont programmées.

Pour l'hôtel Drouot, cette première édition de District 13 Art Fair "illustre la vitalité que Paris détient au sein du marché de l’art et une tradition de ville des artistes pour la création contemporaine".

"Toujours en mouvement, le street art est un marché mature. Depuis plusieurs années, des œuvres passent en ventes publiques, tandis que des artistes continuent de bousculer la création. Le street art a la particularité de susciter un intérêt intergénérationnel, avec de jeunes collectionneurs", observe Olivier Lange.

Drouot envisage d'accueillir d'autres galeries et marchands pour des expositions et des cessions sans enchères concernant d'autres styles artistiques.

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