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Bactérie "tueuse d'oliviers" en Corse: les tests officiels "négatifs"

Bactérie
Un olivier infecté par la bacterie xylella fastidiosa, à Caprarica proche Lecce idans la région des Pouilles dans le sud de l'Italie, le 10 février 2016 TIZIANA FABI

Les nouveaux tests réalisés sur des oliviers en Corse pour détecter la bactérie Xylella fastidiosa, surnommée "tueuse d'oliviers" et dont la présence avait été détectée par des tests non-officiels en avril, sont "tous négatifs", a annoncé la préfecture de Corse vendredi.

"A la suite des résultats positifs rendus par l'Inra sur des prélèvements d'oliviers réalisés par le Sidoc (Syndicat interprofessionnel des oléiculteurs de Corse) début avril, l'Etat a pris très au sérieux la situation et a fait procéder immédiatement à de nouveaux prélèvements officiels sur les végétaux concernés", indique la préfecture de Corse dans un communiqué. "Les résultats sont tous négatifs à ce stade".

"Les analyses ont été conduites en parallèle avec les méthodes expérimentales utilisées par l'Inra" et "celles officielles utilisées par l'Anses (l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), laboratoire national de référence", précise la préfecture.

"De nouveaux prélèvements officiels sont en cours et seront analysés simultanément" par l'Inra et l'Anses "pour tenter d'expliquer les causes de divergence et faire progresser les méthodes d'analyse".

La préfecture de Corse indique également que "deux missions" sont "en cours", "l'une, scientifique afin de déterminer les origines du dépérissement constaté en Corse sur certains végétaux dont les oliviers, l'autre, mission interministérielle agriculture – environnement, visant à évaluer la stratégie de lutte conduite en Corse et améliorer si nécessaire l’analyse de risque" pratiquée actuellement.

La présidente du Sidoc, Sandrine Marfisi, a déclaré à l'AFP "conserver une entière confiance dans les résultats de l'Inra d’Angers qui corroborent les suivis terrains", ajoutant avoir eu recours à ces contres-analyses justement parce que les analyses officielles "revenaient toujours négatives".

- 'Multiplex' ou 'pauca' -

Elle note également que le communiqué de la préfecture "prend soin de ne pas dire que les résultats positifs de l’Inra sont faux" et "ne parle que de l’olivier, or il y avait deux chênes verts, une ciste et une myrte" dont les tests Inra étaient revenus positifs.

La bactérie Xylella fastidiosa a été signalée pour la première fois en Corse en juillet 2015. Au total, 25 foyers avaient déjà été détectés en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et 350 en Corse, mais aucun sur des oliviers jusqu'à présent.

Pour l'heure, seule la sous-espèce "multiplex" a été officiellement détectée dans l'île et c'est une autre sous-espèce, la "pauca", qui a décimé des milliers d'oliviers dans les Pouilles en Italie.

Les analyses de l'Inra d'Angers, pratiquées à la demande du Sidoc, avaient notamment révélé la présence de la maladie sur des oliviers et des chênes verts mais la sous-espèce n'est toujours pas connue.

Aucun remède ne permet actuellement de guérir les végétaux malades en plein champ. Elle peut potentiellement toucher 359 espèces végétales, selon la sous-espèce détectée (multiplex, pauca, fastidiosa, sandyi, morus, tashke).

Connue aux États-Unis sous le nom de maladie de Pierce (qui a fortement touché les vignobles californiens à la fin du XIXe siècle), la bactérie est transmise par des insectes de la famille des cigales, et a été détectée à ce jour dans quatre pays européens (Italie, France, Espagne et Allemagne).

La filière oléicole représente 3 millions d'euros de chiffre d'affaires en Corse qui compte 10.000 hectares d'oliviers.

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