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BCE: Macron et Merkel saluent l'action décisive de Draghi pour son départ

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Emmanuel Macron et Angela Merkel ont salué lundi l'action décisive de Mario Draghi à la tête de la BCE pour sauver la monnaie commune, malgré les critiques dont il fait l'objet et les divisions en interne qu'il va laisser à Christine Lagarde.

Près de 400 invités ont participé à la cérémonie de passage de témoin entre l'Italien et l'ancienne directrice générale du FMI, qui s’est tenue dans la cafétéria de la Banque centrale européenne au rez-de-chaussée de l’immeuble francfortois à la façade de verre et d’acier.

"Super Mario", surnom trouvé par ceux qui veulent louer son acharnement et sa créativité pour préserver l'euro face aux crises, a fait valoir que la BCE avait "prouvé qu'elle n'accepterait pas de menaces à la stabilité monétaire causées par des craintes non fondées sur l'avenir de l'euro".

"Mon objectif a toujours été de respecter le mandat énoncé dans le Traité, poursuivi en toute indépendance et exécuté par l’intermédiaire d’une institution devenue une banque centrale moderne à même de relever tous les défis", a-t-il insisté dans cet ultime discours.

Se tournant vers Christine Lagarde, il s’est dit "persuadé" qu’elle sera "une excellente dirigeante de la BCE", avant de lui remettre la traditionnelle "clochette" de la présidence de l’institut.

Alors que Mario Draghi a fait l'objet durant son mandat d'un feu roulant de critiques pour sa politique de "l'argent abondant" en zone euro, la chancelière allemande Angela Merkel a salué son action pour "préserver" l’indépendance de la BCE qui peut parfois être "une protection quand on est pas d’accord avec tout et tout le monde."

Le président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, s’est plusieurs fois opposé à des mesures anti-crise adoptées par la BCE, comme le mois dernier au moment où M. Draghi a imposé un nouveau paquet de mesures face à une économie en manque de souffle.

- Rêve européen -

Le chef de l'Etat français Emmanuel Macron a rendu un hommage encore plus appuyé. Il a vu en Mario Draghi un "homme qui a porté très haut le rêve européen" et qui a été "dans ses discours et ses décisions un digne héritier des pères fondateurs de l'Europe".

Le dirigeant français a également mis en exergue ses "décisions non moins audacieuses" prises "pour stimuler la reprise du crédit ou prévenir le risque de déflation en zone euro".

"Vous avez toujours gardé conscience que ce qui importait le plus, au-delà des mots et des chiffres, c'est la vie des gens", a ajouté le chef de l'Etat français.

Tout comme le président italien Sergio Matarella, également présent, le Français et l'Allemande ont rappelé la phrase qui marquera l’ère Draghi, celle par laquelle il s'était engagé en 2012 à faire "tout ce qu'il faudra" ("Whatever it takes") pour sauvegarder la monnaie unique.

Christine Lagarde, qui prendra la tête de la BCE le 1er novembre, devra d'abord aplanir les divisions au sein du conseil des gouverneurs, l'organe décidant du niveau des taux dans la zone euro.

- Ressouder les rangs -

Composé de vingt-cinq membres - six venant du directoire et dix-neuf des banques centrales de la région - ce conclave a vu s'opposer en septembre partisans et adversaires d'un paquet de mesures destinées à relancer l'économie.

"Je cherche toujours quelle est la base commune pour rapprocher les divers points de vue", a déclaré la Française dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel samedi.

La nouvelle présidente, avocate de métier, devrait par ailleurs plaider énergiquement pour des politiques budgétaires nationales plus ambitieuses et mieux coordonnées, comme le faisait déjà le banquier italien sans guère de succès.

La tâche ne sera pas facile, face à une Allemagne arc-boutée sur ses équilibres publics et hostile à toute idée de mutualisation de la dette.

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