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Bosch Rodez: Bruno Le Maire "s'est engagé à agir", selon l'intersyndicale

Bosch Rodez: Bruno Le Maire
Les employés de Bosch rassemblés devant la préfecture de Rodez le 26 janvier 2018JOSÉ A. TORRES

L'intersyndicale de l'usine Bosch qui emploie 1.600 salariés à Onet-le-Château, près de Rodez (Aveyron), a rencontré mercredi à Paris le ministre de l'Economie Bruno Le Maire qui "s'est engagé à agir", ont indiqué les syndicats.

"Bruno Le Maire a été à l'écoute. Il connaît parfaitement le dossier de Bosch Rodez et abonde dans notre sens" en comprenant que les organisations syndicales ne veulent pas négocier sans contrepartie, a déclaré Pascal Raffanel (CFE-CGC), lors d'une conférence de presse.

Le ministre "s'est engagé dans les jours à venir à reprendre contact avec le directeur général de Bosch France pour clarifier ce dossier et doit normalement nous apporter des réponses le 22 mars", a précisé M. Raffanel.

L'intersyndicale (SUD, CGT, CFE-CGC, CFDT) craint pour l'avenir en raison de la baisse des ventes de véhicules diesel, dont le site aveyronnais de Bosch a fait sa spécialité, en produisant bougies et systèmes d'injection, avec Renault comme principal client.

M. Le Maire a dit à l'intersyndicale que "l'Etat n'irait pas sur une activité partielle qui lui coûte relativement cher s'il n'y a pas un projet industriel pour le site de Rodez", selon M. Raffanel.

Début mars, la direction de l'usine avait annoncé son intention de recourir à l'activité partielle de 2018 à 2021, avec gel des salaires en 2018-19, pour éviter une baisse des effectifs.

Le ministre a jugé "indispensable" une "diversification de l'usine" compte tenu du déclin du diesel, et "propose un comité de suivi où il serait présent avec les organisations syndicales, les élus locaux pour faire un point sur cette diversification", a-t-il ajouté.

Le ministre a aussi proposé de "relancer la filière automobile" avec les constructeurs, équipementiers et l'Etat "autour de la table" en mettant "la situation de Bosch Rodez au coeur de la problématique", a-t-il poursuivi.

"Les salariés sont de plus en plus inquiets" et "la colère monte", a déclaré Yannick Anglarès (CGT). Si "l'intersyndicale arrive à calmer" les esprits jusqu'à présent, "les salariés sont de plus en plus demandeurs de rentrer en conflit pour obtenir quelque chose de Bosch. Nous suivrons les salariés dans leurs revendications", a-t-il ajouté.

La direction du groupe allemand a proposé fin janvier d'investir 14 millions d'euros sur le site de Rodez, pour "moderniser" une seule des deux lignes de production d'injecteurs diesel. Mais elle demande en contrepartie, avant avril, l’adhésion des salariés à un accord de compétitivité qui prévoit notamment une baisse du temps de travail.

La direction de l'usine a présenté son projet le 9 mars, en comité d'entreprise extraordinaire, sur fond d'incompréhension de l'intersyndicale qui réclame que l'usine se tourne vers les moteurs essence.

Selon le calendrier annoncé, cette modernisation doit commencer au premier trimestre 2019, avec une homologation pour fabriquer des injecteurs dernière génération prévue au 2e trimestre 2019.

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