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Bras de fer entre Enel et Iberdrola au sujet du brésilien Eletropaulo

Bras de fer entre Enel et Iberdrola au sujet du brésilien Eletropaulo
Le logo du géant italien de l'énergie Enel, à Milan le 18 octobre 2010OLIVIER MORIN
Italie

Le géant italien de l'énergie Enel et son rival espagnol Iberdrola ont durci jeudi leur bras de fer pour s'emparer du distributeur d'électricité brésilien Eletropaulo, augmentant leurs offres autour de 1,3 milliards d'euros, tandis que le ton montait entre les deux groupes.

Enel a relevé deux fois son offre dans la journée. D'abord le matin de 28 à 32 réals par action, puis de 32 à 32,2 réals l'après-midi, après qu'Iberdrola eut remonté à son tour son OPA. Ceci représente un investissement d'environ 5,4 milliards de réals, soit quelque 1,3 milliard d'euros au taux de change actuel.

Après le relèvement de la matinée du groupe italien, Iberdrola a lui porté son prix à 32,1 réals par action, selon un communiqué publié sur le site d'Eletropaulo. L'offre espagnole est menée par la filiale brésilienne d'Iberdrola, Neonergia.

Enel offre également au moins 1,5 milliard de réals (355 millions d'euros) en augmentation de capital à l'issue de l'opération -- somme que le groupe italien a ajouté à la dot le 20 avril, lors d'un premier relèvement de son offre.

Iberdrola propose de son côté une augmentation de capital de 414 millions d'euros.

Les deux groupes se disputent depuis le 17 avril le distributeur d'électricité de San Paulo, privatisé en 1998. Ils veulent s'emparer de plus de 50% de son capital.

"Le futur (d'Iberdrola) à court terme passe par sa guerre avec Enel pour s'emparer d'Eletropaulo, qui compte plus de 18 millions de clients et opère dans la région la plus prospère de tout le pays", explique dans une note Felipe Lopez, analyste chez Selfbank.

Parallèlement à cette guerre des prix, le ton est monté jeudi. Iberdrola s'est plaint auprès de la Commission européenne de la "distorsion" de la concurrence imposée par le groupe semi-public italien, notamment dans la lutte pour s'emparer d'Eletropaulo.

"Profitant de son statut, Enel ne respecte pas les règles d'une procédure normale d'enchères concurrentielles entre des entreprises privées", assure Iberdrola dans une lettre publiée par la presse espagnole, accusant notamment son rival de promettre de surenchérir quoi qu'il arrive pour racheter le brésilien.

"Seule une compagnie profitant d'un soutien inconditionnel de l'Etat, en tant qu'actionnaire majoritaire, peut décider de se comporter de cette façon", ajoute Iberdrola, qui explique "étudier attentivement les actions légales possibles" pour inciter la Commission européenne à s'emparer du sujet.

Enel a répliqué dans l'après-midi. "Les contenus de la lettre confondent des considérations de politique énergétique sur le marché espagnol (...), des considérations particulières de développement sur le marché italien retail et la position concurrentielle qu'Enel assume vis-à-vis d'Iberdrola" pour le contrôle d'Eletropaulo, a déploré le groupe italien dans un communiqué.

"Le manque de fondements de toutes ces accusations est plutôt surprenant" et a un "seul objectif apparent: empêcher une concurrence loyale sur Eletropaulo, immédiatement après que le conseil d'administration de la société eut décidé de ne pas mener une augmentation de capital qui aurait assuré un avantage compétitif unique à Neoenergia", a-t-il précisé.

"Enel Americas partecipe à la compétition à travers sa filiale Enel Brasil Investimentos Sudeste, et souhaite la lancement de l'appel d'offres dans le cadre d'une procédure ouverte et transparente", conclut le géant italien.

Iberdrola, qui a été le premier à présenter une offre sur Eletropaulo, immédiatement suivi d'Enel, est très présent au Brésil via sa filiale Neonergia, fusionnée en 2017 avec le groupe brésilien Elektro pour en faire un poids lourd du secteur dans ce pays.

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