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Brésil: "pas droit à l'erreur" sur l'économie, dit Bolsonaro

Brésil:
Le président du Brésil Jair Bolsonaro s'exprime lors d'une cérémonie d'intronisation des directeurs de banques publiques, à Brasilia le 7 janvier 2019 EVARISTO SA

Le président d'extrême droite du Brésil Jair Bolsonaro a admis lundi que son équipe économique n'avait "pas droit à l'erreur", sous peine, selon lui, de voir la gauche revenir au pouvoir.

"Nous n'avons pas droit à l'erreur. Si nous commettons des erreurs, vous savez qui pourra revenir", a déclaré le chef de l'Etat, dans une référence à la gauche, lors de l'intronisation de nouveaux directeurs de banques publiques.

"Les gens bien qui nous ont fait confiance ne peuvent pas être déçus", a-t-il ajouté. Le Brésil est surendetté, connaît une croissance atone après une récession historique, et compte près de 13 millions de chômeurs.

Jair Bolsonaro a pris ses fonctions le 1er janvier, après avoir été élu en octobre avec 55% des suffrages, battant Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT), formation de gauche qui a gouverné le Brésil pendant 13 ans de 2003 à 2016.

Son élection est due en grande partie à un virulent sentiment anti-PT, sur lequel il a surfé pendant toute la campagne. Ce parti a été impliqué dans de nombreux scandales de corruption, qui ont notamment entraîné l'emprisonnement de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010).

Un des directeurs de banques publiques intronisés lundi est néanmoins Joaquim Levy, ex-ministre des Finances de Dilma Rousseff, dauphine de Lula (2011-2016), destituée pour maquillage des finances publiques.

De profil libéral, M. Levy avait été nommé en 2015 pour rassurer les marchés, alors que le pays entrait dans une récession historique. Il a pris la tête lundi de la banque publique de développement BNDES.

"Ce matin, quand j'ai serré la main de Joaquim Levy pour la première fois, je lui ai demandé: 'le Brésil va s'en sortir?' Il m'a répondu: 'si ce n'était pas le cas, nous ne serions pas ici'", a déclaré Jair Bolsonaro.

"Si l'économie va bien, nous aurons davantage d'emplois, la violence diminuera (...) et nous commencerons à vivre des jours meilleurs", a-t-il souligné.

- "signe d'humilité" -

Les premiers jours de mandat du nouveau président de la première puissance d'Amérique Latine ont été marqués par des couacs sur les sujets économiques qui ont troublé les investisseurs.

Vendredi, il a évoqué une hausse de l'impôt sur les transactions financières, avant d'être démenti par son chef de gouvernement Onyx Lorenzoni, qui a affirmé à la presse que le chef de l'Etat s'était "trompé".

La veille, M. Bolsonaro avait déjà semé la confusion en annonçant lors d'un entretien télévisé une réforme des retraites moins ambitieuse que prévu, avec un départ à 62 ans pour les hommes, et non 65 ans comme le stipulait le projet de loi de son prédécesseur Michel Temer.

Mercredi, lors de sa prise de fonctions au ministère de l'Économie, Paulo Guedes, gourou ultra-libéral du président, avait rappelé que la réforme des retraites, jugée cruciale par les marchés pour réduire la dette gigantesque du pays, était le "premier et plus grand défi" du gouvernement.

M. Bolsonaro a assuré lundi que son "manque de connaissances dans de nombreux domaines" étaient "un signe d'humilité". "Je suis certain de m'y connaître un peu plus en politique que (Paulo) Guedes et qu'il s'y connaît beaucoup plus que moi en économie", a-t-il dit.

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