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Petrobras, joyau de la couronne, enjeu de l'élection brésilienne

Petrobras, joyau de la couronne, enjeu de l'élection brésilienne
L'entrée principale du siège de Petrobras, le 1er juin 2018 à Rio de Janeiro, au BrésilMauro PIMENTEL

La compagnie pétrolière d'Etat Petrobras, plus grande entreprise d'Amérique latine, est un des enjeux majeurs de la présidentielle au Brésil, le favori Jair Bolsonaro ayant l'intention de poursuivre la privatisation de certaines de ses activités.

Évaluée à plus de 100 milliards de dollars, Petrobras exploite de gigantesques réserves offshore qui ont hissé le Brésil dans le top 10 mondial, rivalisant avec de nombreux membres de l'Opep.

Mais c'est aussi la compagnie pétrolière la plus endettée au monde, ébranlée par un scandale de corruption qui envoyé en prison de nombreuses personnalités politiques, notamment l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010).

Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, auquel les sondages prédisent une victoire facile au second tour du 28 octobre, a prévu de nombreuses privatisations pour réduire la dette s'il est élu.

En ce qui concerne Petrobras, le joyau de la couronne, pas question de privatiser le coeur des activités, mais certaines des ventes d'actifs initiées récemment devraient se poursuivre, ainsi que la concession de droits d'exploration à des compagnies étrangères.

La compagnie a été fondée en 1953, dans le but de créer un monopole d'Etat pour exploiter les faibles réserves connues à l'époque.

Elle a pris son essor dans les années 70, avec la découverte des premiers gisements offshore, mais les réserves étaient loin d'offrir l'autosuffisance pétrolière à ce pays de dimension continentale.

- Dette à résorber -

Le véritable tournant a eu lieu en 2006, avec la découverte du "pré-sal", des gisements à énorme potentiel situés à très grande profondeur, sous une épaisse couche de sel.

L'exploration est coûteuse, mais a permis au Brésil d'entrer dans la cour des grands exportateurs de pétrole, au même titre que de nombreux membres de l'Opep, dont il ne fait pas partie.

Le Brésil dispose aujourd'hui de réserves avérées de 13 milliards de barils et en produit 2,5 millions par jour, la moitié provenant de gisements pré-salifères.

Mais l'euphorie liée au "pré-sal" a poussé les dirigeants de la compagnie brésilienne à lancer en 2007 un plan d'investissements qui s'est avéré trop ambitieux.

La crise économique mondiale et la chute des prix du baril conjuguées aux scandales de corruption à partir de 2014 ont fait perdre à Petrobras la moitié de sa valeur.

Depuis, l'une de priorités de la direction est de résorber la dette, évaluée en août à 73 milliards de dollars, par le biais d'un vaste plan de désinvestissement.

La situation a commencé à se redresser: sur l'année 2017, la compagnie publique a considérablement réduit ses pertes, à 446 millions de réais (105 millions d'euros), contre près de 15 milliards pour l'année précédente.

Le groupe a enregistré un bénéfice net de 2,7 milliards de dollars (2,3 milliards d'euros) au deuxième trimestre, son meilleur résultat trimestriel depuis 2011.

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