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Brexit: accord probable mais l'attractivité du Royaume-Uni mise à mal

Brexit: accord probable mais l'attractivité du Royaume-Uni mise à mal
Accord probable sur le Brexit, mais répercussions négatives sur l'attractivité financière du Royaume-Uni, selon les investisseurs Glyn KIRK

Si les professionnels de l'investissement sont plus confiants quant à l'aboutissement des négociations sur le Brexit, ils restent persuadés des répercussions négatives de ce divorce sur l'attractivité financière du Royaume-Uni, selon une étude CFA Institute publiée mercredi.

Près de la moitié (49%) des professionnels de la gestion de portefeuille interrogés estiment que les négociations sur le Brexit donneront lieu à un accord commercial, qu'il soit global (25%) ou ne porte que sur les biens (24%).

La proportion est encore plus importante parmi les investisseurs se trouvant hors de l'Union européenne, notamment en Chine où 52% des sondés tablent sur la conclusion d'un accord commercial global, selon ce sondage annuel réalisé depuis 2016 par l'association internationale des professionnels de l'investissement.

Comparé à l'an passé, les professionnels de la finance sont nettement moins nombreux à envisager d'autres sorties de l'UE après le départ du Royaume-Uni (30% contre 59% en 2017).

Mais les gestionnaires d'actifs interrogés ne doutent pas des conséquences négatives de cette séparation d'avec l'Union européenne sur la compétitivité et le pouvoir d'attraction du Royaume-Uni.

Une écrasante majorité d'entre eux (80%) juge ainsi que le Brexit aura des répercussions négatives sur les profits réalisés au Royaume-Uni, et cette proportion grimpe même à 90% parmi les ressortissants de l'UE (hors Royaume-Uni).

Si les Britanniques sont légèrement moins pessimistes que les années précédentes concernant l'effritement de leur compétitivité sur le marché intérieur, ils sont toutefois 64% à estimer que le Brexit va mettre à mal la capacité de leurs établissements à attirer les meilleurs talents.

Toujours parmi les Britanniques, 67% des sondés anticipent que leurs établissements réduiront leur présence au Royaume-Uni, contre 62% en 2017. Le pourcentage atteint 76% chez les professionnels de l'UE, hors Royaume-Uni, contre 71% il y a un an.

"Si la nervosité que pointait CFA Institute dans sa dernière étude sur le Brexit retombe, les données les plus récentes font état de réelles préoccupations pour la compétitivité du Royaume-Uni en tant que centre financier", a commenté Will Goodhart, administrateur général de CFA Society UK, cité dans le communiqué.

Enfin, même si Francfort demeure la favorite, Paris se distingue désormais parmi les places financières les plus en vue pour profiter du Brexit. La capitale française est passée en un an du quatrième au deuxième rang, ex-aequo avec Dublin.

L'édition 2018 du baromètre CFA Institute sur le Brexit a été menée auprès d'un panel de 974 professionnels de l'investissement, dont 233 issus du Royaume-Uni et 238 des autres pays de l'UE.

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