Bulgarie: des pétales de rose à profusion mais les producteurs broient du noir

Bulgarie: des pétales de rose à profusion mais les producteurs broient du noir
Les producteurs de rose manifestent à Kazanlak le 19 mai 2018Ivan YANEV

Les distilleries bulgares croulent sous les pétales de rose en raison d'une récolte particulièrement abondante cette année, au grand dam des producteurs locaux qui voient les prix s'effondrer alors que le pays compte parmi les principaux fournisseurs mondiaux.

Des producteurs de la "Vallée des Roses", située au sud de la chaîne des Balkans, ont même manifesté samedi, déversant des pétales sur la chaussée et reprochant aux distilleries de s'entendre pour racheter leur production à un prix misérable.

Le kilo de pétales de rose est acheté cette année à 1,3 léva contre 4 à 6 leva (2 à 3 euros) les années précédentes, a déclaré lundi le ministre de l'agriculture Roumen Porojanov.

Avec une production annuelle d'environ 1.500 kilos d'essence de rose, la Bulgarie est l'un des grands producteurs mondiaux d'essence de rose, ou huile essentielle, avec la Turquie, l'Iran et le Maroc. Pas moins de 3.500 kilos de pétales sont nécessaires pour extraire 1 kilo d'huile, vendu environ 6.000 euros.

Selon le ministre de l'agriculture, la Bulgarie récoltera 16.000 tonnes de pétales cette saison, soit 25% de plus qu'en 2017 en raison d'une augmentation de 22% des surfaces cultivées et de conditions climatiques favorables.

"Cette quantité dépasse la capacité des distilleries dont certaines n'ont pas ouvert, étant saturées depuis l'année dernière", a expliqué M. Porojanov à la télévision publique BNT.

La rose bulgare, essentiellement de type Damascena, est cultivée dans la région de Kazanlak (sud), surnommée la Vallée des Roses et est prisée des grands parfumeurs mondiaux.

Le ministère de l'Agriculture s'est engagé à subventionner le rachat de la production et à proposer une "loi sur la rose" pour défendre la marque bulgare. Certains exportateurs mélangent actuellement de l'essence bulgare avec de l'essence importée de Turquie ou d'Iran, ce qui "compromet" la marque bulgare, selon le ministre.

Vos commentaires