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Business France: Pénicaud convoquée le 22 mai chez le juge comme témoin assisté

Business France: Pénicaud convoquée le 22 mai chez le juge comme témoin assisté
La ministre du Travail Muriel Pénicaud le 27 avril 2018Eric FEFERBERG
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La ministre du Travail Muriel Pénicaud est convoquée chez le juge le 22 mai comme "témoin assisté" dans l'affaire Business France, a indiqué son cabinet mardi à l'AFP, confirmant une information du Canard enchaîné.

L'entourage de la ministre s'est refusé à tout commentaire. Une information judiciaire a été ouverte pour soupçons de favoritisme concernant un déplacement d'Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, à Las Vegas en janvier 2016, préparé par Business France, dirigé à l'époque par Mme Pénicaud.

Cet organisme public, chargé de promouvoir les entreprises françaises à l'étranger, avait confié à Havas la quasi-totalité des prestations, sans passer par un appel d'offres, en infraction avec le code des marchés publics.

L'agence de communication avait perçu 289.019 euros, après renégociation, pour cette soirée organisé autour du ministre de l'Economie, qui cachait alors de moins en moins ses ambitions présidentielles.

Convoquée par le juge en vue d'être placée sous le statut intermédiaire de témoin assisté, Muriel Pénicaud n'est donc pas concernée à ce stade par une éventuelle mise en examen.

A la suite d'un signalement de l'Inspection générale des finances (IGF) révélé par le Canard enchaîné, le parquet de Paris avait ouvert en mars 2017 une enquête pour "favoritisme et recel de favoritisme", ensuite confiée à des juges d'instruction le 7 juillet.

Les enquêteurs cherchent en particulier à déterminer si Muriel Pénicaud a pu être informée en amont de dysfonctionnements, ce qu'elle a toujours nié.

Les enquêteurs de l'office anticorruption de la police judiciaire ont saisi le 20 juin, lors d'une perquisition chez Havas et Business France, un courriel du 11 décembre 2015 de Fabienne Bothy-Chesneau, à l'époque directrice de la communication de l'organisme, qui peut suggérer que sa patronne a été "briefée" des difficultés rencontrées.

La ministre est aussi soupçonnée de n'avoir informé son conseil d’administration qu'en décembre 2016, six mois après avoir reçu un audit du cabinet E&Y sur cette affaire et d'en avoir présenté une synthèse biaisée.

D'après Le Monde, Fabienne Bothy-Chesneau a suggéré lors son audition à l'office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff) que son ancienne patronne ne pouvait être tenue dans l'ignorance des modalités d'organisation. Entendue par les juges le 21 septembre, elle en était ressortie sous le statut de témoin assisté.

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